23 juillet 2026

Afrique Horizon

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Mali : le Jnim intensifie son étau sur Bamako et frappe le barrage de Manantali

Au Mali, l’étau se resserre autour de Bamako sous l’effet d’une stratégie jihadiste de plus en plus agressive. Le groupe Jnim, affilié à al-Qaïda, a étendu son blocus en incendiant une dizaine d’autocars sur la route Ségou-Bamako, axe vital pour l’approvisionnement de la capitale depuis l’est du pays. Parallèlement, des attaques ciblées ont endommagé les infrastructures électriques du barrage hydroélectrique de Manantali, dans la région de Kayes. Malgré les efforts militaires des Forces armées maliennes (FAMa), la pression économique sur le pays reste intense.

Manantali, un symbole sous pression

L’assaut contre Manantali n’est pas un hasard : ce barrage, géré conjointement avec la Mauritanie et le Sénégal au sein de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), représente un pilier du réseau électrique malien. En détruisant ses lignes d’évacuation, le Jnim ne se contente plus de menacer les forces de sécurité : il frappe au cœur de l’économie urbaine, où les coupures d’électricité paralysent services publics, commerces et industries. Cette tactique s’inscrit dans une logique d’épuisement, visant à fragiliser le pouvoir en place sous la transition dirigée par le général Assimi Goïta.

La tactique du groupe s’étend également aux convois de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, où les jihadistes exploitent la pénurie pour saper la légitimité des autorités transitoires. Bamako, autrefois relativement épargnée, devient désormais le théâtre d’une bataille d’usure.

L’armée malienne en première ligne face à une crise multidimensionnelle

Face à cette offensive, l’armée malienne multiplie les opérations sur plusieurs fronts, avec un succès mitigé. Des escortes militaires ont permis l’arrivée de centaines de camions-citernes à Bamako ces derniers jours, atténuant temporairement les tensions dans les stations-service. Pourtant, cette avancée reste fragile : chaque convoi mobilise des ressources colossales, et la sécurisation durable des axes routiers semble hors de portée à court terme.

Les FAMa doivent aussi gérer une situation complexe, avec des attaques répétées à l’ouest et au centre du pays. Dans le nord, à Kidal, la tension persiste, tandis que les groupes rebelles du Cadre stratégique permanent pourraient relancer les combats. Le pouvoir de Bamako navigue ainsi entre deux fronts, avec des moyens humains et matériels de plus en plus limités.

Une crise qui dépasse les frontières maliennes

Le blocus imposé par le Jnim dépasse désormais le cadre national, affectant les pays voisins. Le Sénégal, la Mauritanie et la Côte d’Ivoire subissent les répercussions de la dégradation des corridors commerciaux ouest-africains. Les ports de Dakar et d’Abidjan, essentiels pour le transit vers l’hinterland sahélien, voient leur trafic ralentir. La Confédération des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, peine à coordonner une réponse efficace face à cette guerre économique menée par les groupes armés.

L’attaque contre Manantali soulève également des enjeux régionaux. Une aggravation des dommages pourrait impacter l’approvisionnement électrique du Sénégal et de la Mauritanie, transformant une crise locale en problème transfrontalier. Les partenaires internationaux, qu’il s’agisse des bailleurs de fonds ou des fournisseurs d’armes, devront trouver un équilibre entre leur soutien à la souveraineté malienne et la protection des infrastructures critiques partagées.

Sur le terrain, le décalage entre les annonces militaires et la réalité d’une capitale sous tension illustre l’ampleur inédite de cette phase du conflit. Le Jnim ne se limite plus à contrôler des territoires : il cherche à asphyxier un État.