14 mai 2026

Mali : le blocus de Bamako paralyse les transports routiers

À Bamako le 26 avril 2026..

L’étau se resserre autour de la capitale malienne. Plus d’une dizaine de compagnies de transport ont pris la décision d’interrompre leurs liaisons vers Bamako, alors que des groupes jihadistes imposent un blocus sévère et s’en prennent violemment aux véhicules de commerce et de transport.

Le Mali traverse une phase d’instabilité accrue après une série d’offensives d’envergure menées les 25 et 26 avril. Ces attaques coordonnées ont été revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), lié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad (FLA), une organisation rebelle à dominante touareg. Ces actions visaient des points névralgiques contrôlés par les autorités en place.

Depuis la fin du mois d’avril, les insurgés bloquent les voies de communication essentielles menant à Bamako. Pour ce pays enclavé, la capitale dépend quasi exclusivement des routes pour son approvisionnement en produits de première nécessité. Face au danger, un responsable d’agence a confié avoir stoppé ses activités pour protéger les voyageurs et limiter les pertes matérielles, après l’incendie de six bus sur l’axe menant à Ségou.

Si de nombreux transporteurs ont officiellement suspendu leurs lignes, d’autres ont arrêté leurs services discrètement, redoutant des mesures de rétorsion de la part du gouvernement. Actuellement, les grandes compagnies ne circulent plus sur les six axes majeurs, bien que certains minibus tentent encore de rejoindre la ville par des itinéraires secondaires.

Énergie, eau et carburant : Bamako sous pression

L’impact de ce blocus se manifeste déjà concrètement dans le quotidien des habitants. De longues files d’attente de motocyclistes ont été observées devant les stations-service, le gasoil étant devenu une ressource rare depuis quelques semaines. Bien que les autorités aient annoncé l’entrée de plus de 700 citernes en provenance de Côte d’Ivoire, l’insécurité persiste, plusieurs convois de marchandises ayant été détruits par les flammes ces derniers jours.

La situation énergétique s’est également dégradée. Des quartiers entiers de Bamako subissent des coupures d’électricité prolongées, certains foyers restant privés de courant pendant plusieurs jours. La société Énergie du Mali (EDM) a évoqué des perturbations majeures, tandis que des sources internes pointent du doigt des actes de sabotage délibérés visant le réseau électrique.

Enfin, ces délestages électriques affectent directement la distribution d’eau potable. La Société malienne de gestion de l’eau potable a d’ores et déjà prévenu que la fourniture d’eau serait perturbée dans plusieurs communes de la capitale en raison de ces pannes répétées.