La condamnation de l’ancien Premier ministre malien Moussa Mara à deux ans de prison, dont une année ferme, assortie d’une amende de 500 000 francs CFA, est dénoncée par Amnesty International comme une parodie de justice. L’organisation exhorte les autorités à libérer immédiatement l’opposant, ainsi que toutes les personnes incarcérées pour leurs opinions politiques.
Pour Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, cette sanction illustre un mépris flagrant pour les engagements du Mali en matière de droits humains, qu’il s’agisse de la Constitution nationale, de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ou du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
« Les autorités doivent cesser de museler les voix discordantes, mettre un terme à la répression de l’opposition pacifique et libérer sans délai les détenus d’opinion », souligne Marceau Sivieude, rappelant l’impératif de garantir la liberté d’expression et de réunion.
Moussa Mara, ancien chef du gouvernement (2014-2015) et leader du parti Yéléma, a été arrêté le 1er août pour « atteinte au crédit de l’État », « incitation au trouble à l’ordre public » et « opposition à l’autorité légitime ». Cette interpellation fait suite à un message publié sur les réseaux sociaux, où il exprimait sa solidarité envers d’autres figures politiques et activistes emprisonnés.
De récents cas d’arrestations arbitraires et de disparitions forcées
La répression contre les voix critiques au Mali se manifeste par une multiplication des arrestations arbitraires :
- El Béchir Thiam, journaliste et membre du parti Yéléma, a subi un enlèvement le 8 mai 2025 avant d’être libéré en septembre.
- Clément Dembélé, militant anti-corruption, demeure détenu malgré une décision judiciaire ordonnant sa libération en avril 2025.
D’autres voix critiques réduites au silence depuis 2023
Le climat politique reste marqué par l’emprisonnement de plusieurs personnalités :
- Rokiatou Doumbia, dite « Tantie Rose », maintenue en détention malgré l’expiration de sa peine.
- Mohamed Youssouf Bathily, alias « Ras Bath », toujours en détention provisoire après de multiples procédures judiciaires.
- Adama Diarra, dit « Ben le Cerveau », condamné pour avoir appelé au retour à un régime civil.
- Issa Kaou N’Djim, condamné suite à une plainte des autorités burkinabè.
Contexte
Depuis le coup d’État de 2020 contre Ibrahim Boubacar Keïta, le Mali est sous régime militaire. En avril 2025, la transition a été prolongée de cinq ans, s’accompagnant de la dissolution des partis politiques.
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