Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a récemment confirmé que les analyses de Human Rights Watch et Global Witness, concernant la situation sécuritaire, humanitaire et l’exploitation des ressources naturelles dans les régions contrôlées par la rébellion de l’AFC/M23 à l’Est du pays, apportent un soutien considérable à sa démarche. Kinshasa y voit un renforcement de son dossier sur les plans judiciaire et économique face à Kigali et à ses alliés.
Lors d’un point de presse conjoint avec Samuel Roger Kamba, ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, a souligné que ces publications n’étaient pas une surprise pour les autorités congolaises. Il a expliqué que Kinshasa, dans sa stratégie de riposte face à cette agression, opère sur plusieurs fronts, notamment un front judiciaire et un front économique. Des actions judiciaires supplémentaires seront d’ailleurs initiées prochainement par le ministère de la Justice.
« Ces rapports ne nous surprennent pas. Nous disposons de nos propres services de renseignement, et notre stratégie de riposte s’articule sur plusieurs fronts, dont un volet judiciaire et un volet économique. De nouvelles actions légales seront d’ailleurs engagées sous peu par le ministère de la Justice. S’agissant des minerais, il est crucial de ne pas se limiter aux acteurs de première ligne, mais d’examiner l’intégralité de la chaîne d’approvisionnement », a déclaré Patrick Muyaya devant la presse, insistant sur la nécessité d’une analyse globale.
Concernant l’exploitation et le commerce illicite des minerais dans l’Est de la RDC, Patrick Muyaya a réaffirmé l’importance d’analyser l’ensemble du circuit commercial plutôt que de cantonner les responsabilités aux seuls acteurs locaux. Il a rappelé qu’une rencontre significative avait eu lieu à Genève quelques mois auparavant, réunissant la Première ministre et divers négociants impliqués dans ces filières. Ces rapports Human Rights Watch et Global Witness viennent ainsi corroborer les informations déjà détenues par le gouvernement et apportent des éléments complémentaires précieux. Ils consolident les dossiers déjà constitués, tant sur le plan judiciaire qu’économique, visant à démanteler l’économie de guerre que le Rwanda entretient en tirant profit de l’instabilité en République démocratique du Congo.
Un autre point crucial abordé par Patrick Muyaya concerne les allégations de recrutement forcé d’enfants, particulièrement détaillées dans le rapport de Human Rights Watch. Le porte-parole a indiqué que les autorités congolaises recevaient des alertes à ce sujet depuis plusieurs mois. Selon lui, le recours à ces méthodes coercitives découle de l’impopularité de la rébellion de l’AFC/M23 dans les zones qu’elle occupe, cherchant ainsi à imposer sa présence par la contrainte.
« L’autre aspect soulevé par ces rapports concerne le recrutement forcé d’enfants, notamment dans celui de Human Rights Watch. Nous savons que le Rwanda et l’AFC/M23 sont impopulaires dans les régions qu’ils contrôlent. Ils gouvernent par la peur et la violence, recourant à des méthodes coercitives, y compris envers les enfants, comme cela se pratique au Rwanda. Nous avons reçu de nombreuses alertes de parents. Certains hésitaient même à envoyer leurs enfants à l’école par crainte de recrutements forcés. Des mises en scène sont parfois orchestrées pour présenter de prétendus volontaires recrutés dans certains camps », a-t-il précisé.
Il a ajouté que ces conclusions de Human Rights Watch confirment les dénonciations de longue date du gouvernement et renforceront les procédures judiciaires en cours. Les faits documentés relèvent de crimes graves, y compris des crimes de guerre, pour lesquels les mécanismes de justice nationale et internationale sont déjà saisis ou le seront prochainement.
Patrick Muyaya a réaffirmé la détermination inébranlable du gouvernement à poursuivre ses actions contre Kigali et l’AFC/M23 sur tous les fronts afin de restaurer la souveraineté Afrique et les droits de la République démocratique du Congo. Il a insisté sur le fait que les rapports de Human Rights Watch et Global Witness, bien que précieux, ne sauraient refléter l’intégralité des événements sur le terrain, d’où l’importance continue du travail des services congolais, ces rapports venant compléter les investigations existantes et renforcer la réponse nationale.
La réaction du gouvernement ne se limite pas à des déclarations. Elle se traduit par des actions concrètes. Les sanctions récentes des autorités américaines contre des responsables de l’armée rwandaise, impliqués dans des circuits illicites liés à l’exploitation des minerais, s’inscrivent dans cette dynamique. Toutes ces questions font déjà l’objet de démarches judiciaires et d’initiatives qui se poursuivront dans les semaines à venir, marquant une étape importante dans l’actualité africaine.
Ces conclusions des rapports viennent consolider de précédentes enquêtes sur les violations des droits humains et le pillage des ressources naturelles dans l’Est de la République démocratique du Congo. Elles surviennent dans un contexte d’offensive continue de l’AFC/M23, un mouvement soutenu par le Rwanda selon Kinshasa et plusieurs rapports internationaux, qui contrôle de vastes territoires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les révélations de Global Witness soulèvent une nouvelle fois des interrogations sur l’efficacité des mécanismes internationaux censés empêcher que des minerais stratégiques extraits de zones de conflit n’intègrent les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Le gouvernement de la RDC soutient depuis des années que l’instabilité persistante dans l’Est du pays est principalement motivée par des intérêts économiques liés à l’exploitation illégale des ressources minières. Kinshasa qualifie régulièrement ce conflit de « guerre économique » visant au pillage des minerais congolais. Ces accusations sont systématiquement rejetées par Kigali, qui nie toute implication dans l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC ou dans la déstabilisation de sa partie orientale, un enjeu majeur pour la diplomatie africaine et le développement continent.
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