20 mai 2026

Afrique Horizon

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Le Sénégal mise sur la pêche industrielle pour sécuriser son approvisionnement en poisson

Skipjack and Yellowfin tuna from the Spanish purse seiner 'Iribar Zulaika' waiting to be exported.

Les autorités sénégalaises viennent de franchir une étape décisive dans leur politique de souveraineté alimentaire. Quatre licences de pêche démersale ont été octroyées à un armement local, marquant un tournant dans la stratégie nationale de gestion des ressources halieutiques.

Une décision mûrie par la science et la réglementation

Le ministère des Pêches et de l’Économie maritime a officialisé cette mesure stratégique lors d’une Commission consultative d’attribution des licences de pêche (CCALP), réunie le 12 mai 2026. Cette initiative s’inscrit dans la droite ligne des orientations définies lors du Conseil des ministres du 26 novembre 2025, consacré à la disponibilité des produits halieutiques sur le marché intérieur.

Selon les autorités, le processus d’attribution a été transparente, inclusif et fondé sur des bases scientifiques solides. Le Centre de Recherches océanographiques de Dakar-Thiaroye a mené une évaluation rigoureuse des stocks halieutiques, confirmant la viabilité d’un accès limité, progressif et encadré à la pêcherie démersale côtière.

Un engagement fort pour le marché national

L’armement bénéficiaire s’est engagé à réserver l’intégralité de sa production au marché local. Au-delà de la pêche, cette collaboration public-privé vise à développer la chaîne de valeur halieutique : infrastructures de conservation, chaînes de froid, et logistique de distribution seront déployées, notamment dans les zones reculées du pays.

Cette mesure répond à un double impératif : sécuriser l’approvisionnement alimentaire et stabiliser les prix du poisson, très sensibles aux fluctuations des ressources. Dans un contexte de raréfaction des stocks et de tensions sur les prix, cette initiative représente une première au Sénégal.

Une gestion équilibrée des ressources

Les autorités insistent sur le fait que cette stratégie ne sacrifie pas la durabilité des écosystèmes. La préservation des stocks halieutiques reste une priorité absolue, tout comme la satisfaction des besoins alimentaires des populations. Le ministère rappelle sa volonté de concilier développement économique et responsabilité environnementale.

Avec cette décision, le Sénégal franchit un pas important vers une autonomie alimentaire renforcée et une meilleure résilience de son secteur halieutique.