La question de la sécurité de Bamako, autrefois impensable, s’impose désormais avec une acuité alarmante. Ce mardi 19 mai 2026, la commune rurale de Siby, située à une trentaine de kilomètres seulement de la capitale malienne, a été le théâtre d’une offensive d’une ampleur inédite. Des dizaines de véhicules, dont des camions de marchandises et des pick-up Hilux, ont été systématiquement incendiés par des éléments du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Cet assaut spectaculaire met en évidence une réalité que les communications officielles peinent à dissimuler : le blocus de Bamako est une menace concrète, et la stratégie militaire adoptée par la junte, avec le soutien de ses partenaires russes, semble atteindre ses limites.
L’enfer aux portes de la capitale
Mardi après-midi, la principale artère routière menant vers la Guinée s’est transformée en un véritable chaos. Des témoignages de survivants et de transporteurs locaux décrivent l’irruption de dizaines d’hommes armés à moto, qui ont intercepté les convois de véhicules sans rencontrer de résistance significative à hauteur de Siby. Le bilan matériel est désastreux : camions frigorifiques, minibus de transport en commun et voitures particulières ont été réduits en cendres. Les colonnes de fumée noire, visibles à plusieurs kilomètres, ont semé la panique jusqu’aux faubourgs de Bamako. Au-delà des pertes économiques directes pour des commerçants déjà en difficulté, cette attaque porte un coup symbolique puissant. Cibler Siby, un site emblématique de la charte de Kouroukan Fouga et haut lieu culturel, démontre que plus aucun lieu n’est à l’abri au Mali.
Le blocus du JNIM : l’asphyxie méthodique
L’incursion à Siby n’est pas un événement isolé, mais l’aboutissement d’une tactique d’encerclement que le JNIM met en œuvre depuis des mois. Les jihadistes maintiennent désormais un contrôle strict sur la quasi-totalité des grands axes routiers vitaux pour l’approvisionnement de la capitale malienne. Que ce soit sur la route de Ségou, l’axe vers le Sénégal, ou la voie du Sud vers la Guinée et la Côte d’Ivoire, les déplacements sont devenus périlleux. Le JNIM impose sa loi, érigeant des postes de contrôle improvisés, extorquant des fonds aux chauffeurs et incendiant les marchandises de ceux qui osent défier ses interdictions. En coupant ces artères essentielles, les groupes armés terroristes visent à provoquer un effondrement économique et social. Les prix des produits de première nécessité connaissent une flambée alarmante sur les marchés de Bamako, exacerbant un mécontentement populaire que le gouvernement de transition peine à gérer.
L’échec de la stratégie de la junte et des milices russes
Face à cette audace terroriste, le discours officiel prônant une
Plus d'histoires
Ligue 1 : l’ogc nice condamné à jouer son barrage décisif sans public
Tchad : ouverture de la session parlementaire sous haute tension sécuritaire et politique
Dernier match décisif pour tottenham sous la direction de de zerbi