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Un bilan décennal présenté à l’ONU : des avancées majeures pour le Sénégal
Il y a une décennie, à peine un Sénégalais sur trois avait accès à l’électricité en milieu rural. Aujourd’hui, plus de sept sur dix en profitent. C’est l’une des réussites marquantes que le gouvernement sénégalais a mises en avant lors de la présentation de sa troisième Revue nationale volontaire (RNV) devant le Forum politique de haut niveau pour le développement durable des Nations Unies, le 13 juillet 2026. Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, a porté la voix du pays pour dresser un état des lieux sans concession des avancées réalisées depuis 2016.
Une démarche participative pour évaluer les progrès
Cette revue, troisième du genre après celles de 2018 et 2022, s’inscrit dans une volonté affichée de transparence et de redevabilité. « Chaque revue reflète notre engagement à évaluer régulièrement nos actions pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) », a souligné le ministre. Ce processus inclut des contributions de multiples acteurs : ministères, collectivités locales, société civile, secteur privé et système onusien. Des rapports alternatifs ont été élaborés par la société civile, tandis que des consultations ciblées ont concerné les associations de personnes en situation de handicap. Un premier Examen local volontaire complet a même été mené dans la ville de Pikine.
Une Revue nationale volontaire est un exercice d’auto-évaluation où un pays présente ses réussites, identifie ses retards et partage ses enseignements avec ses pairs. Ces revues sont soumises au Forum politique de haut niveau, instance clé des Nations Unies pour le suivi de l’Agenda 2030.

Des chiffres qui parlent : eau, énergie et infrastructures en tête
L’eau et l’assainissement : un accès quasi universel
Le ministre a souligné les progrès spectaculaires dans le secteur de l’eau. Le taux d’accès à l’eau potable atteint désormais 97,8 % en milieu urbain et 96 % en milieu rural, un bond remarquable en dix ans. L’assainissement a connu des avancées encore plus rapides : en milieu rural, il est passé de 37,5 % à 64,5 % depuis 2015, tandis que dans les villes, il a progressé de 62,5 % à 73,65 %.
L’énergie : électrification et transition verte
L’accès à l’électricité a progressé de 24 points en neuf ans, passant de 62 % en 2015 à 86 % en 2024. Les énergies renouvelables représentent désormais 29,1 % du mix énergétique, contre seulement 3 % en 2016. Le pays vise 40 % de renouvelables d’ici 2030. Parmi les projets phares : le Train Express Régional (TER), qui a transporté 23,1 millions de passagers en 2025 – contre 2,7 millions dix ans plus tôt – et le Bus Rapid Transit (BRT) électrique, évitant 53 000 tonnes de CO2 chaque année.
Les défis persistants : logement et dette publique
Malgré ces avancées, des défis majeurs subsistent. Avec plus de la moitié de sa population vivant en milieu urbain, le Sénégal fait face à un déficit de près de 500 000 logements. La dette publique, quant à elle, atteint 116,1 % du PIB. Cependant, des indicateurs encourageants montrent que le pays avance dans la bonne direction : les impôts nationaux financent désormais 69,7 % du budget (contre 54,8 % en 2015), et la qualité de l’air à Dakar s’est améliorée, avec une baisse des particules fines de 35 à 21,8 microgrammes/m³.
Quatre leviers pour accélérer la transformation
Pour concrétiser ses ambitions, le Sénégal mise sur quatre axes stratégiques :
- Transformation économique : développement de huit filières stratégiques, création de pôles territoriaux et zones économiques spéciales ;
- Sécurisation de l’eau et de l’assainissement : mise en œuvre du Compact national pour la sécurité de l’eau ;
- Transition énergétique : accélération des énergies renouvelables et mise à jour de la Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) ;
- Financement durable : renforcement des partenariats, dont la coopération avec le FMI, et élaboration d’une Stratégie nationale de transition pour sortir de la catégorie des pays les moins avancés.
Un dialogue franc avec la communauté internationale
Lors du dialogue interactif suivant la présentation, les questions ont porté sur des enjeux cruciaux. La Gambie a salué les liens étroits entre les deux pays et interrogé le Sénégal sur ses mécanismes de transparence et de lutte contre la corruption. Cheikh Tidiane Dièye a mis en avant les dispositifs mis en place : l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) et le Pool judiciaire financier. Il a rappelé que le Sénégal avait été retiré de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) en octobre 2024, une avancée confirmée en juin 2026.
La délégation espagnole a interrogé le ministre sur le rôle de la diaspora dans le développement. « La migration bien gouvernée est un levier de développement durable », a répondu Cheikh Tidiane Dièye, évoquant les transferts de fonds, les compétences acquises à l’étranger et les partenariats renforcés. Quant à la délégation irlandaise, elle a félicité le Sénégal pour le parcours de ses footballeurs en Coupe du monde.
En conclusion, le ministre a réaffirmé l’engagement du Sénégal à poursuivre ses efforts pour atteindre les ODD d’ici 2030, en collaboration avec la communauté internationale.
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