Les membres de la 10ᵉ législature béninoise sont attendus ce vendredi au Palais des Gouverneurs pour une session plénière capitale. Deux projets de loi, jugés d’une urgence primordiale, figurent à l’ordre du jour. Il s’agit notamment du projet de budget rectificatif pour l’année 2026 et d’une proposition de modification de la loi régissant l’organisation et le fonctionnement du Médiateur de la République.
Le président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamin Djogbénou, a personnellement convoqué cette séance. La Conférence des présidents a validé un calendrier accéléré, soulignant la nécessité d’un examen et d’un vote rapides de ces textes. Cette célérité est directement liée à l’impératif d’harmoniser l’action publique avec la récente composition gouvernementale et les orientations stratégiques définies par le président Romuald Wadagni.
Le projet de loi de finances rectificative propose une augmentation significative du budget général de l’État, le faisant passer de 3 783,984 milliards à 4 086,620 milliards de FCFA, ce qui représente une croissance de 8 pour cent.

Les répercussions du budget rectificatif
Les prévisions macroéconomiques du budget rectificatif maintiennent un taux de croissance stable à 7,5 pour cent. Une rationalisation des charges de personnel est prévue, avec une baisse de 9,8 pour cent, sans toutefois compromettre les recrutements planifiés ni les investissements en biens et services. Parallèlement, les recettes budgétaires sont projetées à une augmentation de 2 pour cent, tandis que les dépenses d’investissement connaîtront une hausse de 8,5 pour cent, un signe positif pour le développement du continent.
Au-delà des équilibres financiers, ce projet de loi de finances rectificative marque un engagement fort envers les priorités sociales. De nouveaux fonds sont alloués pour renforcer la protection sociale et le capital humain. Cela inclut l’installation de points d’eau dans les établissements scolaires et les centres de santé, l’accélération du programme de supplémentation nutritionnelle destiné aux mille premiers jours de vie, l’intensification de l’assurance maladie obligatoire, et une meilleure prise en charge des enfants en situation de rue ou de mendicité.
Le secteur éducatif bénéficie également d’une impulsion majeure. La rentrée 2026-2027 verra la généralisation de la gratuité des frais de scolarité pour les jeunes filles de l’enseignement secondaire général. Un programme de construction de magasins pour les cantines scolaires est aussi en cours de déploiement, visant à améliorer les conditions d’apprentissage.
En matière de sécurité intérieure, l’État augmente ses allocations pour consolider le dispositif de sécurité publique, avec un accent particulier sur le déploiement de la vidéoprotection dans les grandes agglomérations. Les domaines de la santé et des infrastructures ne sont pas en reste : les crédits du Programme d’investissements publics sont renforcés pour la construction et la réhabilitation d’hôpitaux et de dispensaires, l’opérationnalisation du Centre hospitalier international de Calavi, et la réalisation d’ouvrages d’assainissement et de transport.
Enfin, face à la flambée des prix mondiaux due aux crises géopolitiques, le gouvernement s’engage à soutenir le secteur agricole par la subvention des intrants. Cette initiative vise à stimuler la productivité et à garantir la sécurité alimentaire nationale. La séance parlementaire de ce vendredi représente ainsi un moment décisif pour le Bénin, non seulement par l’ampleur financière du budget rectificatif, mais aussi par les orientations politiques et sociales qu’il incarne.
Plus d'histoires
Alioune SARR en France : la diaspora, pilier du nouveau pacte pour le Sénégal
Le Procureur peut-il s’autosaisir pour mensonge économique ?
Réforme constitutionnelle en RDC : à Lubumbashi, l’APEC de Louis Watum Kabamba plaide pour une Constitution adaptée aux réalités de la RDC