10 août 2026

Afrique Horizon

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L’AES rejette les propos du président nigérian sur la crise sécuritaire

L’AES condamne des déclarations jugées infondées sur la sécurité régionale

Face aux propos tenus par le Président nigérian, Bola Tinubu, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont choisi d’afficher une réponse unie. Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Jean Marie Traoré, a convoqué en urgence le Chargé d’Affaires de l’Ambassade du Nigeria à Ouagadougou, en présence de ses homologues malien et nigérien, pour une mise au point collective.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où le Chef de l’État nigérian a évoqué, fin juillet, une prétendue aggravation de la situation sécuritaire au Nigeria en raison des difficultés rencontrées par les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Selon lui, la hausse des attaques terroristes et des enlèvements dans son pays serait directement liée à l’instabilité régnant au sein de la Confédération.

Une analyse jugée simpliste et préjudiciable

Le ministre Traoré a vivement réagi à ces déclarations, les qualifiant de « profoundly regrettable » et de « totally unfounded ». Il a souligné que ces propos, « rapides, simplistes et surprenants », ne reflètent pas la réalité des efforts déployés par les pays de l’AES pour combattre le terrorisme. « Nous ne sommes pas les responsables de notre propre souffrance. Nous en payons le prix lourd, mais les véritables menaces proviennent d’ailleurs », a-t-il martelé.

Il a par ailleurs mis en garde contre les risques de fractures régionales que pourraient engendrer de telles déclarations, appelant à une approche plus nuancée et solidaire face à une menace qui dépasse les frontières. « Les peuples de cette sous-région partagent une histoire, une géographie et une fraternité commune. Il est essentiel de préserver cette cohésion plutôt que de nourrir des incompréhensions », a-t-il ajouté.

Malgré la fermeté de son discours, le responsable diplomatique a tenu à préciser que la démarche des trois pays ne visait pas à entrer dans une logique de confrontation, mais à réaffirmer l’importance du dialogue et de la coopération. « Notre objectif n’est pas de polémiquer, mais de bâtir une réponse collective durable face à un défi sécuritaire partagé », a-t-il conclu.

Le Nigeria reconnaît les efforts de l’AES

En réponse à cette prise de position, le Chargé d’Affaires nigérian a salué l’approche constructive adoptée par l’AES. Il a reconnu les avancées significatives réalisées par les trois pays dans la lutte antiterroriste, tout en s’engageant à transmettre leur message à Abuja. Cette réaction témoigne d’une volonté partagée de renforcer la coordination régionale, malgré les divergences apparentes.