En Côte d’Ivoire, la révolution des transports urbains s’intensifie avec l’adoption croissante des véhicules électriques. Plus d’un millier de ces automobiles silencieuses et écologiques sillonnent déjà les routes, principalement au sein du secteur des VTC (Véhicules de Transport avec Chauffeur). Cette transition est motivée par une réduction significative des coûts d’exploitation, mais elle n’est pas sans défis : un prix d’achat encore élevé, un réseau de bornes de recharge à développer et une dépendance aux importations.
Dans les rues animées d’Abidjan, Mouhamed Kanaté, chauffeur VTC, enchaîne les courses au volant de son véhicule électrique. Comptable de formation et fervent défenseur de l’environnement, il a opté pour cette solution afin d’optimiser ses revenus. Il confie verser une recette journalière de 28 000 FCFA à son employeur. L’avantage est clair pour lui : « Contrairement aux véhicules thermiques, où une recharge coûte au minimum 20 000 FCFA, l’électrique ne dépasse jamais 13 000 FCFA. Cela nous permet de réaliser un bénéfice substantiel pour subvenir aux besoins de nos familles. C’est vraiment rentable. »
Les trois principaux acteurs des VTC sur le marché ivoirien misent désormais sur cette mobilité verte. On estime à près de 300 le nombre de ces véhicules dédiés au transport urbain dans la capitale économique. Cependant, plusieurs obstacles freinent encore un développement plus rapide : l’acquisition d’un véhicule électrique représente un investissement lourd, avoisinant les 14 millions de FCFA. De plus, le pays ne compte qu’une centaine de bornes de recharge, un chiffre manifestement insuffisant. Mouhamed Kanaté souligne également la complexité des réparations : « Les difficultés résident dans l’entretien de ces équipements. Les pièces mécaniques sont rares, car ce sont des véhicules importés et il n’existe pas encore un grand réseau de revendeurs de pièces détachées. »
Des incitations gouvernementales pour stimuler l’investissement
Face à cette demande croissante pour la mobilité électrique, les concessionnaires adaptent leurs offres. Sinoafrik, représentant de marques chinoises à Abidjan, met en avant des SUV et berlines électriques dans son showroom de Cocody. Reine Trésor Gosset, commerciale, explique qu’il a d’abord fallu éduquer et rassurer la clientèle. « Nous les avons encouragés à mieux comprendre le modèle, à voir à quel point il est plus économique et avantageux. Aujourd’hui, la demande est réelle, l’intérêt pour l’achat dépasse la simple curiosité. Les modèles les plus prisés sont ceux destinés aux VTC et les petites voitures de 25 places. »
Le ministère des Transports affirme son engagement à soutenir cette transition vers une mobilité plus durable. Jean-Marc Atché, directeur de la planification et des projets, détaille les mesures incitatives : « Le code des investissements offre de nombreuses facilitations pour promouvoir et faciliter l’installation des investisseurs. Nous accompagnons activement plusieurs projets en cours, notamment la construction d’une grande usine d’assemblage de véhicules électriques directement en Côte d’Ivoire. » Cette initiative s’inscrit dans une perspective Afrique de développement durable.
L’État ivoirien compte également donner l’exemple : d’ici 2030, 10 % de son propre parc automobile sera constitué de véhicules électriques, marquant une étape clé dans cette actualité africaine en pleine mutation.
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