Goma, République démocratique du Congo – La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a lancé une mise en garde retentissante contre toute manœuvre politique visant à ouvrir la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi. Cette position ferme souligne l’importance cruciale du respect constitutionnel pour la stabilité du pays.
Réunis en assemblée plénière extraordinaire du 18 au 20 juin, les évêques catholiques ont rendu publique une déclaration sans équivoque. Ils y réaffirment leur attachement indéfectible à la Constitution de 2006, véritable socle de la République démocratique du Congo. La hiérarchie ecclésiastique avertit qu’une modification des dispositions relatives à la limitation des mandats présidentiels pourrait gravement compromettre l’équilibre institutionnel et la paix sociale.
Lors de la lecture de leur message par le secrétaire général de la CENCO, Donatien Nshole, les prélats ont insisté sur le fait que la pérennité politique de la République démocratique du Congo dépend intrinsèquement du respect de l’ordre constitutionnel et des engagements solennels pris devant la Nation. Ils ont exhorté le chef de l’État à « honorer le serment prêté devant Dieu et devant le peuple » lors de son investiture.
Selon l’épiscopat congolais, toute initiative qui remettrait en question les articles fondamentaux de la Constitution en vigueur équivaudrait à une rupture du pacte républicain, patiemment forgé après des périodes de turbulences politiques.
Cette prise de position intervient alors que le débat politique est ravivé par l’adoption récente, au sein du Parlement, d’une loi encadrant l’organisation des référendums. Pour les évêques, ce nouveau texte législatif pourrait potentiellement servir de tremplin à une consultation populaire destinée à modifier des dispositions jugées intangibles, notamment celles encadrant la durée et le nombre de mandats présidentiels.
Les figures de proue de l’Église catholique affirment que les intentions de certains acteurs politiques ne laissent plus de place au doute. En effet, plusieurs personnalités au sein de la classe politique évoquent ouvertement la possibilité d’un nouveau cycle de gouvernance en faveur du président actuel, alimentant les spéculations sur la prospective Afrique.
De son côté, la majorité présidentielle rejette ces interprétations, les qualifiant de spéculatives. Elle maintient que la loi sur le référendum a pour unique objectif de consolider le cadre institutionnel et de permettre au peuple souverain de s’exprimer sur les grandes orientations nationales, renforçant ainsi la souveraineté Afrique.
Le débat a pris une nouvelle ampleur suite à diverses déclarations du président Félix Tshisekedi lui-même. En mai dernier, lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le chef de l’État avait affirmé ne pas avoir sollicité un troisième mandat. Cependant, il avait ajouté qu’il se conformerait à la volonté populaire si celle-ci venait à l’exiger. Une telle déclaration a immédiatement nourri les interrogations et les analyses sur ses véritables intentions politiques à l’horizon 2028, au cœur de l’actualité africaine.
Face à ce contexte délicat, la CENCO lance un appel pressant à la vigilance de la population congolaise. Elle l’invite à s’opposer, dans le respect des lois et par des moyens pacifiques, à toute tentative de modification des dispositions constitutionnelles qu’elle considère comme des verrous garantissant la démocratie.
La Constitution de la République démocratique du Congo stipule clairement que le mandat présidentiel est de cinq ans, renouvelable une seule fois de manière consécutive. Ainsi, un président ne peut exercer plus de deux mandats. Félix Tshisekedi, en fonction depuis 2019, est actuellement dans son second mandat.
Les prochaines élections présidentielles en République démocratique du Congo sont programmées pour décembre 2028, conformément au calendrier électoral en vigueur, sauf modification institutionnelle ou cas de force majeure.
Cette prise de position renforce le rôle central et souvent médiateur de l’Église catholique dans le paysage politique de la République démocratique du Congo. La question d’un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi s’impose désormais comme l’un des principaux enjeux politiques du pays, et un sujet majeur pour la diplomatie africaine.
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