29 juin 2026

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Georges Dougueli répond avec fermeté à Owona Nguini sur la liberté de la presse au Cameroun

Le journaliste Georges Dougueli a récemment pris la parole pour clarifier sa position face aux accusations de Monsieur Owona Nguini, vice-recteur de l’université de Yaoundé II. Sa tribune, largement diffusée, réaffirme le rôle crucial de la spéculation dans le travail journalistique, notamment en ce qui concerne la vie politique et la santé des dirigeants.

Le droit de spéculer : une défense du journalisme

Face à l’affirmation de Monsieur Owona Nguini, le 26 juin, selon laquelle « Dougueli spécule sur la mort du président Biya », le journaliste a riposté avec force. Il a rappelé que la « spéculation » concernant la disparition de chefs d’État est une composante inhérente au métier de journaliste. Pour les professionnels de l’information, aucune personnalité n’est intouchable. Il a même souligné que les rédactions préparent parfois les nécrologies de figures publiques bien avant leur décès effectif.

Dougueli a évoqué la célèbre phrase de François Mitterrand, qui qualifiait les journalistes de « Chiens », pour illustrer la perception historique de la presse par le pouvoir. Il a insisté sur le fait que tout acteur politique avisé doit accepter cette « meute » médiatique. Cette réalité, selon lui, n’est pas nouvelle pour le président Biya, mais pourrait surprendre certains « zélotes de la sphère sécuritaire » auxquels Nguini semble vouloir le « livrer ».

Il est impensable, a-t-il ajouté, de vouloir relater la vie de l’État sans s’interroger sur la condition physique de ceux qui l’incarnent. Dougueli s’est alors interrogé sur la véritable cible de cette « diatribe » visant sa personne, esquissant une analyse des publics potentiels de ce qu’il nomme un « mystificateur de plateau télé ».

Analyse des motivations : à qui s’adresse Owona Nguini ?

1. Les suprématistes « Ekangs » ?

Dougueli a d’abord exploré la possibilité que Nguini s’adresse aux adeptes du suprématisme « Ekang ». Il a accusé Nguini de manipuler des concepts « hasardeux et inflammables » sur la scène politique. La répétition par Nguini de l’expression « Je suis un seigneur » est perçue non comme une simple mégalomanie, mais comme le reflet de l’influence de Laburthe Tolra sur sa pensée.

Dougueli a expliqué que Nguini aurait déformé et popularisé le concept « Ekang », issu de la mythologie Mvett, pour affirmer que cette population, qui a migré au Gabon, en Guinée équatoriale et au Congo, aurait une vocation naturelle à gouverner ces territoires. Il a mis en garde contre le « danger de cette singularisation suprématiste », citant l’exemple du Gabon où le rejet des Fangs (40% de la population) s’est manifesté par le mouvement TSF (Tout Sauf les Fangs) lors de l’élection présidentielle de 2009. Ce concept d’« Ekang », a-t-il noté, n’a pas franchi la frontière sud du Cameroun.

En lien avec la Fecafoot, Dougueli a soutenu que la politique, pour Nguini, s’apparente à la désignation d’un ennemi, une idée empruntée à Karl Schmitt. Après avoir ciblé les « Ntaalibams » de « Tonton Maurika », Nguini viserait désormais les « Églisiens », qualifiés de « fanatiques » susceptibles de « créer des problèmes ». Dougueli a conclu cette partie en prévenant que l’« agitateur intello-universitaire », dénué de finesse, risquait lui-même de générer de réels troubles pour l’actualité africaine.

2. La caste dirigeante contre le « peuple » ?

La deuxième hypothèse avancée par Dougueli est que Nguini s’adresse à la caste gouvernante, cherchant à la mobiliser contre ce qu’il considère comme la « racaille ». Il a réfuté l’idée que les soutiens de Samuel Eto’o, confrontés à un « harcèlement sans précédent » depuis 2021, seraient tous des « écervelés » ou des mercenaires. En attaquant l’« illettré » de la Fecafoot, ses « ouailles », ses « fanatiques incultes » et sa « meute cybernétique », Nguini tenterait de dresser les intellectuels contre les « gens d’en bas ».

Dougueli a dénoncé cette construction d’une fable opposant les « cerveaux » aux « mollets », dont la morale viserait à ériger Eto’o en « Cancer ». L’objectif serait de l’« insulter » et de l’« avilir » jusqu’à une « mort » symbolique, dans l’espoir de réhabiliter un clan dont l’image est ternie par la mauvaise gouvernance, la corruption endémique et les crimes politiques. Cette stratégie chercherait également à « remettre le peuple des “illettrés” à sa place », quitte à le dépouiller de sa souveraineté Afrique face à la volonté d’un monarque, par l’usage abusif et fallacieux de « hautes instructions ».

Georges Dougueli a finalement laissé aux constitutionnalistes, politologues, psychosociologues ou psychanalystes le soin d’analyser plus profondément les propos de Monsieur Owona Nguini, marquant ainsi la fin de sa propre réplique incisive.

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