Un patrimoine public sous les projecteurs au Gabon
Ces dernières semaines, la question du patrimoine de l’État gabonais s’est retrouvée au centre des discussions. Plusieurs révélations concernant des immeubles publics, dont les loyers seraient perçus par des particuliers, ont en effet alimenté les débats. Dans ce contexte, une initiative pourrait s’avérer déterminante : la réalisation d’un inventaire national du patrimoine public. Pour en discuter, Maître Axel Foumane Dounga, huissier de justice à Libreville, partage son analyse sur l’importance d’une telle démarche.
Connaître pour mieux protéger : l’urgence d’un inventaire complet
Selon Maître Foumane Dounga, « la première étape vers une gestion rigoureuse du patrimoine public consiste à en dresser un inventaire fiable et actualisé ». Il souligne que l’État ne peut administrer efficacement ses biens sans une connaissance précise de leur localisation, de leur statut juridique et de leur exploitation. Cette absence de données exhaustives ouvre la porte à des dérives, comme des occupations irrégulières ou des pertes de recettes. « Ces révélations, qu’elles soient totalement avérées ou encore en cours de vérification, révèlent une problématique fondamentale : celle de la méconnaissance de notre patrimoine national », explique-t-il. Pour lui, cette situation doit être transformée en opportunité de réforme structurelle.
Pourquoi impliquer les huissiers de justice ?
L’expertise des huissiers de justice, en tant qu’officiers publics ministériels, en fait des acteurs clés pour cette mission. Leur rôle ? Garantir la neutralité et la valeur juridique des constats. « Notre mission d’authentification nous permet d’établir des procès-verbaux opposables devant les tribunaux », précise Maître Foumane Dounga. Les avantages d’une telle collaboration sont multiples :
- Une description détaillée et impartiale des biens ;
- Une localisation précise des immeubles et autres actifs ;
- L’identification des occupants, qu’ils soient réguliers ou non ;
- La sécurisation juridique des opérations d’inventaire.
« Il ne s’agit pas d’un simple recensement administratif, mais d’un outil performant pour lutter contre les détournements et les conflits d’intérêts », insiste-t-il.
Quels bénéfices concrets pour le Gabon ?
Les objectifs d’un tel inventaire sont multiples et s’inscrivent dans une logique de bonne gouvernance. Identifier chaque bien, vérifier son statut, contrôler son occupation et évaluer les revenus générés : telles sont les priorités avancées par l’huissier de justice. Les retombées seraient significatives :
- Transparence accrue dans la gestion des actifs publics ;
- Détection des occupations irrégulières et des appropriations indues ;
- Optimisation des recettes de l’État pour financer des projets au service des Gabonais ;
- Renforcement de la lutte contre la corruption grâce à une traçabilité renforcée.
Maître Foumane Dounga insiste également sur l’aspect décisionnel : « Une cartographie précise des biens publics permettrait aux autorités de mieux valoriser, exploiter ou affecter ces ressources ».
Un appel solennel aux autorités
Face à l’urgence de la situation, le professionnel lance un appel aux plus hautes instances du pays. « Il est temps que le Gabon se dote d’un inventaire national exhaustif de son patrimoine public », déclare-t-il. Pour lui, cette initiative s’inscrit dans une démarche de modernisation et de responsabilité. « On ne protège efficacement que ce que l’on connaît parfaitement. Cet inventaire serait un héritage précieux pour les générations futures et un gage de transparence pour notre Nation », conclut-il.
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