9 juin 2026

Afrique Horizon

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Gabon : le déficit public à 5,3 % du PIB en 2025, un défi pour l’économie

En 2025, le Gabon a enregistré un déficit budgétaire de 5,3 % de son produit intérieur brut (PIB), en nette aggravation par rapport aux 3,8 % observés l’année précédente. Cette situation, révélée par les dernières analyses de la Banque africaine de développement, découle d’une politique budgétaire volontariste couplée à une dette publique alourdie. Avec un endettement atteignant désormais 78,9 % du PIB, le pays a subi une dégradation de sa notation souveraine en fin d’année, reflétant les tensions financières qui s’accentuent.

Ce repli des finances publiques s’inscrit dans un environnement économique moins porteur. La croissance du Gabon a ralenti, passant de 3,4 % en 2024 à 2,7 % en 2025, freinée par le repli des secteurs clés comme le pétrole, les mines, le bois et les transports. Bien que certains domaines, comme les infrastructures, l’industrie ou les services, aient montré une certaine résilience, les dépenses engagées pour soutenir l’activité ont creusé les besoins de financement de l’État.

Des finances publiques sous haute tension

Le déficit creusé expose davantage les finances gabonaises aux aléas économiques. La Banque des États de l’Afrique centrale a assoupli sa politique monétaire, facilitant l’accès des pouvoirs publics à des crédits, mais augmentant aussi l’exposition des banques locales au risque souverain. Parallèlement, le volume des créances douteuses continue de progresser, signe d’une fragilité persistante dans le système bancaire national.

Face à cette situation, les marges de manœuvre du gouvernement se réduisent, notamment pour répondre aux enjeux sociaux. Malgré une pauvreté qui stagne à 33,1 % de la population en 2025, le chômage reste un fléau national, touchant 20,2 % des actifs, avec une précarité particulièrement marquée chez les jeunes et les femmes. Pour la Banque africaine de développement, un redressement durable passe impérativement par une discipline budgétaire renforcée, une gestion maîtrisée de la dette et des réformes structurelles visant à optimiser les recettes fiscales.