Libreville – Peu après le lancement officiel des travaux du port en eau profonde de Kobe-Kobe, sur la façade atlantique gabonaise, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a réuni à Nyonie un cercle stratégique d’ambassadeurs et de représentants des grandes puissances impliquées dans le projet.
Cette rencontre diplomatique a posé les bases d’une ambition claire : faire du Gabon une plateforme industrielle, logistique et minière de premier plan en Afrique centrale.
Le chef de l’État a transmis un message fort aux partenaires internationaux : Kobe-Kobe n’est pas qu’un simple port. C’est le pilier d’un nouveau modèle économique destiné à préparer l’après-pétrole, renforcer la souveraineté nationale et repositionner le Gabon dans les chaînes de valeur mondiales.
Une nouvelle doctrine économique
Le projet s’appuie sur l’un des actifs les plus stratégiques du continent : le gisement de fer de Belinga, avec des réserves estimées à 7,5 milliards de tonnes et une teneur exceptionnelle de 65 %. Il figure parmi les plus grands gisements inexploités au monde.
La rupture est dans l’approche : fini le schéma classique d’extraction et d’exportation brute. Le complexe intégré combine la mine, une ligne ferroviaire électrique de plus de 500 km, un port en eau profonde et des infrastructures énergétiques. L’objectif est de conserver la valeur ajoutée sur le territoire et de faire émerger une sidérurgie locale.
La diplomatie des partenariats multiples
Devant les diplomates, Brice Clotaire Oligui Nguema a exposé un pilier de sa stratégie internationale : la diversification des partenariats. Le Gabon ne peut dépendre d’un seul partenaire. Sa vision repose sur une coopération ouverte avec plusieurs puissances.
Le consortium international le montre : la Chine intervient sur les infrastructures ferroviaires et minières, la France via des opérateurs logistiques, l’Italie, l’Inde, les États-Unis et l’Australie apportent leurs expertises. Cette architecture sécurise financements et technologies tout en préservant l’autonomie décisionnelle du Gabon.
Les ambassadeurs de France, Fabrice Mauriès, et de Chine, Zhou Ping, ont salué cette approche équilibrée, signe de l’intérêt croissant des investisseurs depuis l’installation de la Vème République.
Le pari industriel de l’Afrique centrale
Au-delà des infrastructures, Kobe-Kobe est un pari économique ambitieux. Les projections gouvernementales évoquent plus de 100 000 emplois directs et indirects, un tissu de sous-traitance nationale et un effet d’entraînement sur les secteurs du transport, de l’énergie, de la logistique, de la métallurgie, des services, de l’ingénierie, de la formation, de la construction et de la maintenance industrielle.
L’impact géopolitique est majeur : avec ce port en eau profonde, le Gabon pourrait devenir une porte d’entrée maritime clé en Afrique centrale, dans un contexte de concurrence régionale accrue entre plateformes logistiques.
En invitant les diplomates à relayer cette vision, Brice Clotaire Oligui Nguema cherche à élargir le cercle des investisseurs. Kobe-Kobe est bien plus qu’un chantier : c’est le symbole d’une stratégie nationale pour transformer les ressources naturelles en levier d’industrialisation, attirer des capitaux internationaux et consolider la souveraineté économique.
Si les objectifs sont atteints, le Gabon pourrait, d’ici la prochaine décennie, passer du statut d’exportateur de matières premières à celui d’acteur industriel majeur en Afrique centrale. La rencontre avec les partenaires internationaux montre que la bataille du développement se joue désormais à l’échelle mondiale.
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