4 juillet 2026

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Est de la rdc : les difficultés financières de l’ONU mettent en péril l’action de la commission d’enquête dans le Nord-Kivu et Sud-Kivu

Est de la RDC : les contraintes financières de l’ONU menacent l’efficacité de la commission d’enquête sur les violences dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu

Genève, 29 juin 2026 – Pour la première fois, la Commission d’enquête indépendante sur la situation des droits de l’homme au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), a été auditionnée lors de la 62ᵉ session du Conseil des droits de l’homme. Cette instance, créée pour examiner les violations présumées des droits humains et du droit international humanitaire, fait face à des défis majeurs, notamment des restrictions financières imposées par l’ONU qui compromettent son action sur le terrain.

D’importantes consultations menées malgré les obstacles

Lors de sa première mission officielle en RDC, la Commission a mené des consultations approfondies à Kinshasa. Elle a rencontré des représentants d’associations de victimes, des défenseurs des droits humains, des membres de la société civile, des autorités gouvernementales, des représentants des Nations Unies, des diplomates ainsi que l’institution nationale des droits de l’homme. Cependant, l’accès à la ville de Goma, dans l’Est du pays, a été impossible en raison de l’instabilité sécuritaire et sanitaire persistante.

Malgré ces contraintes, la Commission a réaffirmé sa volonté de se rendre dans les zones affectées du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, y compris à Goma, dès que les conditions le permettront. Toutefois, les difficultés financières globales des Nations Unies ont directement impacté sa capacité à remplir son mandat.

Un impact direct sur les capacités opérationnelles

Dans un communiqué, Arnauld Akodjenou, président de la Commission, a souligné que les restrictions budgétaires ont restreint plusieurs aspects essentiels de leur travail :

  • Réduction des équipes d’enquête déployables sur le terrain ;
  • Limitation des moyens d’interprétation et de soutien analytique ;
  • Difficultés financières pour financer les missions et assurer une présence continue ;
  • Ralentissement des enquêtes et de la collecte de preuves.

« Les contraintes financières des Nations Unies ont eu un impact direct sur notre capacité opérationnelle, notamment sur notre capacité d’enquête déployable, l’interprétation, le soutien analytique, le financement des missions et une présence soutenue sur le terrain », a déclaré Akodjenou. « Malgré ces difficultés, la Commission reste pleinement déterminée à accomplir son mandat avec rigueur et indépendance ».

Un appel à la protection des victimes et des acteurs humanitaires

Le président de la Commission a rappelé que toutes les parties au conflit doivent garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave, en particulier pour les populations les plus vulnérables : femmes, enfants, personnes handicapées, personnes âgées et déplacés internes. Il a également insisté sur la nécessité de protéger les travailleurs humanitaires, le personnel médical et les défenseurs des droits humains, qui doivent pouvoir accéder aux zones touchées, notamment dans le cadre de la lutte contre la résurgence d’Ebola.

« Aucune victime, aucun témoin, aucun défenseur des droits humains, aucun journaliste ni représentant communautaire ne doit faire l’objet d’intimidations, de représailles ou de mesures de rétorsion pour avoir collaboré avec les mécanismes des Nations Unies », a-t-il martelé. « Le Conseil a demandé à la Commission d’établir les faits, de préserver les preuves, d’identifier les responsables et d’examiner les causes profondes de ces cycles de violence ».

Un mandat renforcé pour une mission cruciale

La Commission d’enquête, créée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies le 7 février 2025, a pour mission d’enquêter sur les violations présumées des droits humains et du droit international humanitaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Elle a notamment été chargée d’examiner les violences sexuelles et sexistes, les crimes contre les personnes déplacées et réfugiées, ainsi que les crimes internationaux potentiels dans le contexte de l’escalade des hostilités depuis janvier 2025.

Arnauld Akodjenou a conclu en réaffirmant l’urgence d’une action internationale concertée pour mettre fin aux souffrances des populations civiles et traduire les responsables en justice : « Les souffrances portées à notre attention exigent une attention soutenue, des enquêtes rigoureuses et un engagement international résolu ».