14 mai 2026

Espoir politique au Togo après une rare autorisation de manifestation

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espoir politique au Togo après une rare autorisation de manifestation

Noël Tadégnon
Par le passé (comme ici en 2017), des manifestations contre le pouvoir en place au Togo ont été réprimées puis interdites<span class="copyright">Ange Obafemi/MAXPPP/dpa/picture alliance</span> » decoding= »async » data-nimg= »fill » class= »object-cover object-center » style= »position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;color:transparent » src= »https://s.yimg.com/ny/api/res/1.2/ZlJiR8taHByt6MHEpK3zkA–/YXBwaWQ9aGlnaGxhbmRlcjt3PTEyNDI7aD02OTk7Y2Y9d2VicA–/https://media.zenfs.com/fr/deutsche_welle_fr_953/0f3a4d6a979af29e0e5846723aa7a349″><button aria-label=

Après des années marquées par des interdictions systématiques de rassemblements publics, l’opposition au Togo a enfin obtenu l’autorisation d’organiser un meeting à Lomé. Un événement historique qui soulève une interrogation majeure : s’agit-il d’un véritable tournant dans l’histoire politique du pays, ou simplement d’une trêve temporaire dans un paysage politique toujours aussi restreint ?

Le CNCC, fer de lance de la mobilisation

Plusieurs centaines de citoyens se sont réunis ce samedi pour assister à la première grande manifestation publique du Cadre national de concertation pour le changement au Togo, plus connu sous l’acronyme CNCC. Cette alliance inédite rassemble quatre partis d’opposition ainsi que des acteurs influents de la société civile.

Davdi Dosseh, porte-parole du Front citoyen Togo debout et membre actif de la coalition, a livré un discours sans équivoque : « Nous exigeons un changement radical de gouvernance. Le Togo est aujourd’hui miné par une corruption endémique, des services publics à l’abandon et une économie en stagnation. Ce pays ne peut plus continuer ainsi. »

Il a également dénoncé les prétextes fallacieux brandis par les autorités pour justifier les refus répétés d’autoriser les rassemblements pacifiques : « Depuis des années, chaque tentative de mobilisation se heurte à des motifs absurdes. Pourtant, nous ne renoncerons jamais à notre droit de manifester. »

Une avancée à confirmer

Faut-il y voir une réelle volonté d’ouverture politique ou une simple mesure conjoncturelle ? Paul Amégankpo, analyste politique et directeur de l’Institut togolais Tamberma pour la gouvernance, adopte une position nuancée.

« L’autorisation accordée par le gouvernement togolais pour la marche pacifique du 9 mai 2026 à Lomé doit être saluée, déclare-t-il. Cependant, dans le contexte politique actuel, cette initiative doit être interprétée avec prudence. Elle pourrait traduire une volonté de desserrer l’étau sur les libertés d’expression, de manifestation et d’association, mais il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions définitives. »

Pour l’expert, une seule autorisation ne suffit pas à attester d’un changement de cap. « Il faudra attendre d’autres signes tangibles pour confirmer que cette ouverture s’inscrit dans la durée et qu’elle s’accompagne de réformes structurelles. »

À ce jour, aucune réaction officielle n’a été obtenue de la part des autorités. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si cette avancée marque le début d’une ère nouvelle pour la démocratie togolaise ou si elle restera une parenthèse dans un climat politique toujours aussi tendu.