30 avril 2026

Dialogue régional à Niamey sur la sauvegarde des droits fondamentaux au Sahel

Le président de la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH), Maty El Hadj Moussa, a lancé à Niamey les travaux d’une rencontre de haut niveau portant sur les systèmes de préservation des libertés fondamentales. Cette conférence régionale se penche spécifiquement sur les défis sécuritaires rencontrés dans la zone des trois frontières, réunissant le Burkina Faso, le Mali et le Niger. L’ouverture s’est déroulée en présence du Secrétaire général adjoint du Ministère de la Justice, de la responsable Afrique du DCAF, ainsi que de l’ambassadeur d’Allemagne au Niger.

Renforcer la vigilance et les capacités institutionnelles

Durant deux journées d’échanges, les participants se fixent pour mission de vulgariser les standards optimaux en matière de respect humain. Le programme met l’accent sur la consolidation des mécanismes de prévention contre les violations et sur la promotion d’une gouvernance vertueuse. En outillant mieux les institutions de contrôle, tant internes qu’externes, les organisateurs espèrent garantir une application stricte de l’état de droit dans un climat de tension.

Lors de son intervention, le dirigeant de la CNDH, Maty El Hadj Moussa, a dressé un constat alarmant de la situation dans l’espace frontalier. Il a pointé du doigt les exactions massives commises par des groupes armés terroristes, tout en mentionnant les dérapages signalés chez certains éléments des forces de défense. Selon lui, les communautés locales subissent une violence sans précédent au cœur d’un conflit asymétrique où la moindre suspicion de collaboration avec les autorités peut s’avérer fatale.

Une synergie d’actions indispensable face à la crise

Pour Moussa Sahirou Tchida, représentant le ministère de la Justice, la stabilisation du Sahel exige une coopération étroite entre tous les acteurs régionaux. Il a exprimé sa gratitude envers les partenaires stratégiques, particulièrement l’Union Européenne, dont l’appui facilite l’organisation de tels forums de réflexion. Cette volonté de collaboration est jugée essentielle pour pacifier durablement les zones de conflit.

Anne Bennett, directrice Afrique du DCAF, a complété cette analyse en soulignant que les crises sociales, humanitaires et environnementales actuelles rendent la gestion publique extrêmement complexe. Elle estime que ce cadre de dialogue est vital pour partager les expériences réussies et coordonner une réponse collective face aux menaces qui érodent le tissu social sahélien.

Enfin, le diplomate allemand Herman Nicolai a rappelé l’urgence de la situation, notant que le Sahel subit une augmentation des violences plus fulgurante que n’importe quelle autre zone en Afrique. Les activités des groupes radicaux et des réseaux criminels transfrontaliers continuent de provoquer des pertes humaines considérables et des vagues de déplacements forcés depuis plus de dix ans.