15 mai 2026

Coopération algéro-tchadienne : une centrale électrique de 40 mégawatts pour renforcer l’autonomie énergétique

L’Algérie et le Tchad ont scellé, hier à Alger, un partenariat stratégique avec la signature d’un accord visant la construction d’une centrale électrique d’une capacité de 40 mégawatts à N’Djamena.

Mourad Adjal, ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables algérien, et Passalé Kanabé Marcelin, son homologue tchadien en charge de l’Eau et de l’Énergie, ont officialisé cet engagement commun. L’opération s’inscrit dans une dynamique de renforcement des liens bilatéraux, conformément à la vision du président Abdelmadjid Tebboune, qui promeut activement le soutien aux nations africaines et la dynamique de coopération Sud-Sud.

Une étude technique aboutie et des formations prévues

Les discussions entre les deux ministres ont permis de concrétiser un projet mûri de longue date. Les équipes techniques de Sonelgaz se sont récemment rendues au Tchad pour finaliser l’étude technique, confirmant la faisabilité du projet. Les préparatifs sont désormais en phase finale : les équipements seront acheminés sous peu, tandis que la première pierre de l’infrastructure sera posée dans les semaines à venir.

Adjal a également annoncé l’arrivée prochaine de techniciens tchadiens en Algérie pour une formation intensive d’un mois dans les écoles de Sonelgaz. Ces professionnels seront ensuite chargés de l’exploitation de la centrale dès sa mise en service. Parallèlement, ce partenariat inclut la modernisation du réseau électrique de la capitale tchadienne, renforçant ainsi l’efficacité et la couverture énergétique du pays.

Le Tchad mise sur l’expertise algérienne pour son indépendance énergétique

Passalé Kanabé Marcelin a salué cet accord comme une étape historique dans les relations algéro-tchadiennes, rappelant que les fondations de cette coopération avaient été posées lors de la visite officielle du président Mahamat Idriss Déby Itno en Algérie, en avril dernier. Il a exprimé sa reconnaissance envers les autorités algériennes pour leur soutien indéfectible, soulignant que l’Algérie s’impose comme une référence continentale en matière d’énergie, notamment grâce à ses infrastructures performantes.

Marcelin a précisé que son pays ambitionne de tirer pleinement parti de cette expertise, avec déjà 12 stagiaires tchadiens en formation en Algérie pour maîtriser l’exploitation des centrales électriques. D’autres formations sont programmées pour répondre aux besoins croissants du secteur énergétique tchadien.

Une centrale 100 % algérienne pour un partenariat gagnant-gagnant

Yazid Djellouli, PDG de Sonelgaz International, a garanti que la centrale sera entièrement conçue, équipée et exploitée par des ressources algériennes. Il a précisé que les autorités tchadiennes finalisent actuellement les aménagements du site, tandis que les travaux de construction seront lancés sans délai. Ce projet marque une avancée majeure pour Sonelgaz, qui ambitionne de s’étendre davantage sur le continent africain.

Depuis sa création il y a quelques mois, l’entreprise a déjà reçu plusieurs demandes de pays africains intéressés par des projets similaires dans les domaines énergétiques et des infrastructures associées.

Pour Saleh Ben Haliki, directeur général de la Société tchadienne d’électricité (TchadElec), cette centrale symbolise une nouvelle ère dans la coopération énergétique entre les deux nations. Il a mis en avant la volonté du Tchad de s’appuyer sur le savoir-faire algérien, alors que l’Algérie s’affirme comme un leader incontesté en matière d’électrification sur le continent.