14 mai 2026

Classement 2024 de l’indice de perception de la corruption : où en est le Mali ?

Le Mali recule dans l’indice 2024 de perception de la corruption : un score alarmant de 28/100

Selon le dernier indice de perception de la corruption 2024, publié par Transparency International, le Mali se classe à la 136ᵉ position sur les 180 pays évalués. Avec un score de 28 points sur 100, le pays confirme sa difficulté persistante à endiguer ce phénomène qui sape la confiance des citoyens et freine son développement économique et social.

Ce rapport met en lumière plusieurs défis majeurs auxquels le Mali est confronté. Parmi eux, l’affaiblissement des institutions de contrôle, l’opacité des marchés publics et une gestion opaque des finances publiques alimentent une perception généralisée de corruption. Ces pratiques, souvent liées à des pots-de-vin ou à des favoritismes, touchent particulièrement les secteurs essentiels comme la justice, la santé et l’éducation.

Une administration publique minée par l’impunité et le favoritisme

L’administration malienne est particulièrement vulnérable à la corruption, selon le rapport. Les citoyens rencontrent des difficultés croissantes pour accéder à des services publics de base, souvent conditionnés par des pratiques illégales. Cette situation renforce la méfiance envers l’État et crée un climat d’impunité pour les élites. Les rapports de l’OCLEI (Office central de lutte contre l’enrichissement illicite) et du Bureau du Vérificateur général illustrent cette réalité préoccupante.

L’Afrique de l’Ouest face au fléau de la corruption

Le Mali n’est pas le seul pays de la région à enregistrer un score médiocre. Plusieurs États d’Afrique de l’Ouest affichent des résultats alarmants dans ce classement, reflétant une gouvernance affaiblie par la corruption et l’opacité des finances publiques.

Parmi les pays voisins, le Nigeria, première puissance économique de la région, obtient un score de 25/100, illustrant les détournements massifs de fonds publics, notamment dans le secteur pétrolier. Le Burkina Faso, en pleine période de transition, affiche un score de 30/100, restant bien en dessous du seuil critique de 50/100 qui sépare une gouvernance corrompue d’une administration relativement intègre.

À l’inverse, le Ghana se distingue avec un score de 43/100, bien qu’en légère baisse, confirmant sa place parmi les pays les plus transparents de la région.

L’Afrique subsaharienne, région la plus touchée par la corruption

Avec un score moyen de 32/100, l’Afrique subsaharienne reste l’une des régions les plus corrompues au monde. Plus des deux tiers des pays africains obtiennent un score inférieur à 50/100, révélant une incapacité généralisée à lutter efficacement contre ce phénomène.

Transparency International alerte sur les risques liés au détournement des fonds climatiques. Alors que plusieurs pays africains devraient bénéficier d’aides internationales pour lutter contre les effets du changement climatique, l’absence de contrôles rigoureux menace de priver les populations vulnérables des ressources nécessaires à leur adaptation.

Parmi les pays les plus touchés, on retrouve la Somalie (11/100), le Soudan du Sud (13/100) et la République centrafricaine (19/100), où les conflits prolongés ont entraîné l’effondrement des institutions.

Les pays les plus transparents au monde : les modèles à suivre

À l’échelle mondiale, les pays nordiques continuent de dominer le classement en matière de transparence et de bonne gouvernance. Le Danemark conserve la première place avec un score de 90/100, suivi de près par la Finlande (88/100) et la Norvège (87/100).

D’autres pays comme le Canada (75/100) et l’Allemagne (79/100) maintiennent également des niveaux élevés d’intégrité publique, malgré quelques controverses récentes.

Les 5 pays les plus corrompus du classement 2024

En bas du classement, on retrouve des États en proie à des crises profondes, où l’absence de gouvernance stable favorise la corruption à grande échelle. Parmi eux : la Somalie (11/100), le Soudan du Sud (13/100), la Syrie (14/100), le Venezuela (14/100) et le Yémen (16/100).

Ces pays souffrent de guerres civiles, d’effondrement institutionnel et d’une impunité totale pour les acteurs corrompus, aggravant encore leur instabilité.

Renforcer la lutte contre la corruption au Mali : une urgence

Le rapport de Transparency International souligne l’urgence d’un renforcement des mécanismes de lutte contre la corruption. Pour le Mali, cela implique de :

  • Renforcer le cadre juridique pour sanctionner efficacement les actes de corruption.
  • Garantir l’indépendance de la justice, afin de restaurer la confiance des citoyens.
  • Protéger les lanceurs d’alerte, essentiels pour dénoncer les irrégularités.

Sans réformes concrètes, la corruption continuera de fragiliser les institutions, de freiner le développement et d’accentuer la défiance des citoyens envers l’État. Transparency International appelle à une mobilisation nationale et internationale pour lutter efficacement contre ce fléau, qui menace la croissance économique et la stabilité politique du pays.