24 avril 2026

Centrafrique : martin ziguélé dénonce l’échec des politiques publiques et exige un débat national

Quelque temps après l’entrée en fonction de Faustin Archange Touadéra pour son troisième mandat, Martin Ziguélé, figure historique du MLPC et ancien Premier ministre, livre une analyse sévère de la situation politique et socio-économique de la Centrafrique. Son intervention, formulée depuis Bangui, survient dans un contexte marqué par des tensions persistantes entre le pouvoir et l’opposition.

un bilan économique décevant après dix ans de gouvernance

Selon Martin Ziguélé, la population centrafricaine ne bénéficie toujours pas des fruits attendus d’une décennie de gestion gouvernementale. L’opposant met en avant des indicateurs socio-économiques alarmants pour illustrer l’aggravation des conditions de vie. Les données récentes, notamment celles issues d’une étude de 2016, révèlent une hausse inquiétante de la pauvreté : plus de 50 % des Centrafricains vivaient alors sous le seuil de 1 000 francs CFA par jour, un chiffre qui, selon ses projections, pourrait atteindre près de 70 % d’ici 2026.

Les défis structurels s’accumulent : l’accès à l’eau potable et à l’électricité reste très limité, les infrastructures de transport se dégradent rapidement, et les barrages illégaux se multiplient sur les axes routiers, aggravant l’enclavement du pays. Par ailleurs, le secteur agricole, pilier de l’économie locale, montre des signes de désintégration avancée. Les cultures traditionnelles comme le coton et le café, autrefois florissantes, subissent un effondrement sans précédent. La production cotonnière, qui pouvait frôler les 100 000 tonnes, peine désormais à atteindre les 2 000 tonnes, tandis que les statistiques fiables sur le café se font de plus en plus rares.

le dialogue politique, clé de voûte d’un redressement national

Pour Martin Ziguélé, la sortie de crise passe nécessairement par un dialogue inclusif. Il rappelle que la majorité des Centrafricains résident en milieu rural et subissent de plein fouet les conséquences de l’effondrement des chaînes de production et de l’isolement géographique. Bien que le président Touadéra ait évoqué, lors de sa réélection en mars 2026, des avancées significatives tout en reconnaissant l’ampleur des défis, l’ancien chef de gouvernement estime que ces réformes ne pourront aboutir sans une mobilisation collective des forces politiques et sociales.

Ziguélé insiste sur l’urgence d’une concertation sincère et transparente, seule capable de briser les blocages institutionnels et de relancer un développement durable. Sans cette dynamique, les Centrafricains continueront de payer le prix d’une gouvernance sans vision à long terme, où les promesses de prospérité s’effritent face à la réalité du terrain.

des réformes urgentes pour éviter l’effondrement

  • réhabiliter les infrastructures : routes, accès à l’eau et à l’électricité doivent devenir des priorités absolues pour briser l’isolement des populations rurales.
  • relancer l’agriculture : soutenir les filières cotonnières et caféières, tout en modernisant les techniques de production pour améliorer les rendements.
  • renforcer le dialogue politique : impliquer tous les acteurs, y compris l’opposition, dans un processus de reconstruction nationale pour garantir des réformes durables.