Cameroun : remaniement militaire en pleine absence du président Paul Biya

Un décret publié le 3 août officialise quatre promotions majeures au sein de l’armée camerounaise, dont celle du général Raymond Jean Charles Beko’o Abondo à la tête de la garde présidentielle. Une première historique pour ce poste stratégique.
Le Cameroun connaît une série de nominations militaires d’envergure, alors que le président Paul Biya n’a pas foulé le sol national depuis près de deux mois. Ces mouvements stratégiques visent à renforcer directement la protection du chef de l’État, dans un contexte de tensions persistantes sur sa santé et sa capacité à exercer ses fonctions.
Quatre généraux ont été désignés par décret présidentiel pour occuper des postes clés au sein des unités chargées d’assurer la sécurité du président. Ces décisions, datées du 3 août, illustrent une volonté de verrouiller le dispositif sécuritaire autour de Paul Biya.
Parmi ces promotions, le général de division Ebaka Hypolite, déjà major-général de l’armée de terre, se voit confier le poste de major-général des armées. À 73 ans, ce haut gradé cumule désormais deux responsabilités majeures au sein des forces de défense camerounaises. Il devient ainsi le second responsable militaire, juste derrière le général René Claude Meka, chef d’état-major des armées.
Cette restructuration intervient alors que l’absence prolongée de Paul Biya — parti en Europe le 7 juin pour un « court séjour privé » selon la présidence — alimente les spéculations sur son état de santé et la stabilité du pays. Le gouvernement a pourtant démenti toute dégradation de sa condition physique, tout en promettant son retour imminent.
L’opposition camerounaise, elle, n’hésite plus à dénoncer un « vide institutionnel » et un pays fonctionnant en « pilotage automatique ». Ces critiques s’ajoutent aux attentes non satisfaites concernant la nomination d’un nouveau gouvernement et la création d’un poste de vice-président, promises depuis plusieurs mois.
Paul Biya, doyen des chefs d’État mondiaux à 93 ans, règne sur le Cameroun depuis 1982. Son absence prolongée relance les questionnements sur l’avenir politique du pays, dans un contexte où les institutions semblent figées.
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