4 août 2026

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Cameroun : les spéculations sur la santé de Paul Biya alimentent le débat politique

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement camerounais, René Emmanuel Sadi, a confirmé de manière laconique le retour imminent du président Paul Biya dans son pays, sans préciser de date exacte. Cette annonce intervient après près de deux mois d’absence du chef de l’État, alors que son âge avancé – 93 ans – alimente les interrogations sur sa capacité à assurer pleinement ses fonctions.

Face aux rumeurs persistantes, le gouvernement a tenu à rassurer la population en affirmant que « le président est en vie » et qu’aucune vacance du pouvoir n’est constatée. Pourtant, cette absence prolongée, qui dure depuis le 21 juillet 2026, a ravivé les tensions politiques au Cameroun. L’opposition, quant à elle, réclame plus de transparence sur l’état de santé de Paul Biya et sur la continuité des institutions.

L’opposition exige des clarifications sur la gouvernance actuelle

Plusieurs figures de l’opposition, dont Jean-Michel Nintcheu et l’Union démocratique du Cameroun (UDC), ont interpellé le Conseil constitutionnel pour qu’il constate officiellement une éventuelle vacance du pouvoir. Ils dénoncent un « vide institutionnel » et critiquent une gouvernance perçue comme exercée à distance, malgré les assurances du camp présidentiel.

Pour ces responsables politiques, la stabilité du Cameroun ne peut reposer sur des silences ou des hypothèses. Ils appellent à une clarification immédiate pour éviter toute instabilité dans un contexte déjà marqué par des tensions sociales et politiques.

Le cadre juridique en cas de vacance du pouvoir

Selon l’article 6, alinéa 4, de la Constitution camerounaise, en cas de vacance du pouvoir pour décès, démission ou empêchement définitif confirmé par le Conseil constitutionnel, une élection présidentielle doit être organisée entre 20 et 120 jours après l’ouverture de la vacance. Pendant cette période transitoire, l’intérim est assuré par le président du Sénat, actuellement Aboubakary Abdoulaye, âgé de 64 ans. Si ce dernier est empêché, c’est la première vice-présidente du Sénat, Naomie Mikel Bégala épouse Akono (63 ans), qui prendrait le relais.

Cependant, le président par intérim dispose de pouvoirs limités : il ne peut ni modifier la Constitution, ni remanier le gouvernement, ni organiser un référendum. De plus, il est inéligible à l’élection présidentielle qui suivrait la vacance.