21 juin 2026

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Burkina Faso : l’intégration des motos Mio sur les pistes cyclables suscite un vif débat

Au Burkina Faso, une nouvelle réglementation autorisant les motos de type Mio à emprunter les pistes cyclables a été mise en œuvre, générant des réactions contrastées parmi les usagers de la route. Si certains y voient une initiative prometteuse pour la fluidité du trafic, d’autres s’inquiètent des implications sur la sécurité et de l’adéquation des infrastructures existantes.

Les scooters Mio, connus pour leur format compact, leur légèreté et leur faible coût d’entretien, sont particulièrement prisés pour les déplacements urbains. Cette mesure, selon les autorités, vise principalement à désengorger les artères principales des villes, qui subissent une pression croissante due à l’augmentation du nombre de deux-roues en circulation. L’objectif est de réorienter une partie du flux vers ces voies secondaires afin d’améliorer la cohabitation entre les différents modes de transport.

Pour Ben Ouattara, un livreur, cette décision est logique : « Je pense que c’est une bonne mesure, la circulation étant déjà régie par la loi. Si l’on décide que les motos de type Mio rejoignent les petites motos sur les voies secondaires, je trouve cela tout à fait normal. » Un avis partagé par Abdoulaye Mané, un autre usager, qui estime que les pistes cyclables pourraient même favoriser une conduite plus prudente. « Sur la piste cyclable, on est plus enclin à faire attention, car l’espace est plus contraint. Cela induit une plus grande retenue, ce qui peut contribuer à prévenir les accidents. »

Cependant, des voix s’élèvent pour exprimer des réserves. Sirina Ouédraogo, une usagère, s’interroge sur l’efficacité de cette stratégie. « Ils ont certainement voulu protéger la population en instaurant cela. Mais il aurait été préférable de ne rien changer. Les pistes cyclables sont étroites, et vouloir y regrouper toutes ces motos risque de provoquer des embouteillages. Nous allons néanmoins observer les conséquences. »

Les préoccupations concernant la sécurité sont également prégnantes. Sergène Yabré, une autre usagère, pointe du doigt le comportement de certains conducteurs. « Beaucoup ne maîtrisent pas parfaitement le code de la route. On voit souvent des conductrices qui, circulant à gauche, souhaitent tourner à droite sans anticiper. Mon conseil serait d’éviter la vitesse excessive. Certains empruntent ces petites pistes uniquement pour rouler vite. »

Au-delà des réactions immédiates, de nombreux Burkinabè estiment que cette seule mesure ne suffira pas à résoudre durablement les défis de la mobilité urbaine. Face à l’accroissement continu du parc de motos, une réflexion plus globale s’impose, nécessitant des solutions à la fois individuelles et structurelles pour la gestion des flux de circulation.

Une proposition récurrente émerge des discussions : l’élargissement des pistes cyclables. Ces infrastructures, initialement conçues pour les vélos, devraient être adaptées afin d’accueillir un nombre accru de deux-roues motorisés en toute sécurité. Une telle modernisation des infrastructures routières pourrait non seulement mieux organiser le trafic, mais aussi constituer une approche sérieuse dans la lutte contre la congestion urbaine au Burkina Faso.