7 septembre 2026

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Burkina Faso : la junte restreint les associations musulmanes après l’arrestation d’un imam influent

Burkina Faso : la junte restreint les associations musulmanes après l’arrestation d’un imam influent

Le gouvernement burkinabè frappe fort. La junte dirigée par Ibrahim Traoré a décidé de suspendre pour une durée de trois mois deux associations musulmanes, selon des motifs liés au maintien de l’ordre public et au respect de leurs objectifs statutaires.

Suspension de deux associations musulmanes au Burkina Faso

Deux arrêtés, rendus publics mardi, officialisent cette mesure exceptionnelle. Le ministère en charge de l’Administration territoriale a annoncé la suspension de la Coordination des jeunes musulmans du Burkina Faso, accusée de « troubles à l’ordre public », ainsi que de l’association As Salam, pour « activités non conformes à son objet déclaré ».

Une décision qui s’inscrit dans un climat tendu

Ces annonces interviennent à peine deux semaines après l’interpellation de Mohamad Ishaq Kindo, une personnalité majeure de l’islam sunnite au Burkina Faso. L’imam, connu pour son engagement public, avait critiqué avec virulence un projet de loi visant à encadrer plus strictement la liberté religieuse dans le pays, où les musulmans constituent près de 60 % de la population.

Depuis son arrestation le 26 mai, aucune information officielle n’a été communiquée sur son lieu de détention. Plusieurs de ses partisans, ayant manifesté pour exiger sa libération, ont à leur tour été placés en garde à vue.

Une politique de contrôle renforcé depuis 2022

Depuis le coup d’État de septembre 2022, la junte d’Ibrahim Traoré a durci sa politique de contrôle envers les voix dissidentes. Les autorités justifient ces mesures par la nécessité de préserver la stabilité nationale, alors que le Burkina Faso fait face à une insurrection jihadiste persistante depuis plus de dix ans.

Cette approche autoritaire s’accompagne d’une vague de restrictions sans précédent : entre avril et mai, plus de 900 associations ont été suspendues et 118 dissoutes pour non-respect des obligations administratives, alimentant les craintes d’un recul des libertés publiques dans ce pays sahélien en proie à une crise sécuritaire sans précédent.