14 mai 2026

Burkina Faso : des hauts magistrats poursuivis pour corruption, le régime intensifie sa lutte

Burkina Faso : des hauts magistrats poursuivis pour corruption, le régime intensifie sa lutte

Le gouvernement du capitaine Ibrahim Traoré a révélé l’existence d’un « vaste réseau d’agents indélicats » au sein de la cour d’appel de Ouagadougou. Plusieurs magistrats, interpellés en octobre, font face à des accusations d’avoir influencé des décisions judiciaires en échange de sommes d’argent.

Burkina Faso : une dizaine de hauts magistrats poursuivis pour corruption, selon le régime

Une faille majeure dans le système judiciaire burkinabè 

Selon un communiqué officiel, une dizaine de magistrats de haut rang au Burkina Faso sont désormais sous le coup de poursuites pour des allégations de corruption. Parmi les personnes concernées figurent des présidents de chambre, un procureur général et un juge d’instruction. Ces arrestations, survenues au cours du mois d’octobre, découlent d’une série d’auditions. Celles-ci ont « révélé l’existence d’un vaste réseau d’agents indélicats au sein de la cour d’appel de Ouagadougou », a précisé le capitaine Farouk Azaria Sorgho, porte-parole du Korag, l’entité chargée de mettre en œuvre la « révolution progressiste populaire » défendue par le pouvoir militaire.

Des enjeux financiers considérables 

Le porte-parole a souligné que « d’importantes sommes d’argent ont été mobilisées pour des actes de corruption et d’influence, menant à une instruction partiale et à des jugements biaisés ». Une affaire emblématique concerne la relaxe de dix douaniers, initialement impliqués dans une affaire de corruption, suite à un non-lieu. Le Korag qualifie cette décision de « mascarade judiciaire », estimant qu’elle « compromet gravement la lutte contre la corruption ». 

Le régime militaire renforce sa posture anti-corruption 

S’inspirant des principes de Thomas Sankara, le gouvernement du capitaine Traoré, en place depuis 2022, a érigé la lutte contre la corruption en pilier central de sa politique. Le capitaine Sorgho a réaffirmé l’engagement du régime : « Nous allons intensifier la lutte contre la corruption et l’impunité au sein des acteurs judiciaires », tout en dénonçant un « dysfonctionnement profond de la chaîne de justice ». 
Confronté aux critiques concernant la répression des voix dissidentes, le régime militaire cherche à travers cette action à démontrer sa fermeté face aux dérives internes qui pourraient ternir son image.