26 juillet 2026

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Benjamin Ngongang dénonce l’absentéisme du président camerounais Paul Biya

Benjamin Ngongang dénonce l’absentéisme du président camerounais Paul Biya

L’analyste camerounais des questions de gouvernance s’insurge contre les séjours prolongés du chef de l’État à l’étranger, une pratique qu’il juge incompatible avec la gestion d’un pays.

26 juillet 2026 3 min de lecture

Un président absent plus de 49 jours : un record controversé

Benjamin Ngongang, analyste renommé des questions de gouvernance au Cameroun, a vivement critiqué lors d’une émission télévisée les absences répétées du président Paul Biya. Depuis son départ le 7 juin 2026, le chef de l’État camerounais cumule actuellement 49 jours de séjour à l’étranger, un record qui soulève des interrogations au sein de l’opposition comme parmi les députés de la majorité.

Intervenant sur le plateau de Canal Presse sur Canal 2 International, il déclare : « Le président de la République n’est pas élu pour gouverner à l’étranger. Il est normal que l’opposition, et ce n’est même pas que l’opposition, ce sont les députés de la majorité en premier qui devraient s’inquiéter que le chef de l’État reste si longtemps hors du pays. »

Il ajoute avec ironie : « Il n’existe aucun pays au monde où un tel débat pourrait avoir lieu, car cela ne se produit nulle part ailleurs. Une fois encore, le Cameroun innove. Aucun président ne s’absente plus de 30 jours, que ce soit pour un séjour privé ou une mission officielle. »

Comparaisons internationales : des dirigeants sous pression

Pour étayer ses propos, Benjamin Ngongang compare la situation camerounaise à d’autres contextes internationaux. Il cite notamment les dirigeants américains et iraniens, engagés dans des négociations complexes, mais qui n’hésitent pas à revenir dans leur pays pour gérer les crises en cours.

« Des dirigeants confrontés à des enjeux bien plus importants, comme le président des États-Unis ou celui de l’Assemblée de l’Iran actuellement en guerre, ne restent pas 49 jours hors de leur territoire. Même pour régler des conflits majeurs, ils interviennent et reviennent rapidement. Car lorsque le chef de l’État est attendu, c’est pour finaliser des accords négociés par des experts. »

Une gouvernance à distance critiquée

L’analyste camerounais souligne que cette absence prolongée du président Biya pose un problème de légitimité et d’efficacité dans la gestion quotidienne du pays. Il rappelle que même en période de crise, les responsables politiques doivent rester proches de leur population pour répondre aux attentes et maintenir la cohésion nationale.

« Gouverner à distance n’est pas une solution viable. Le Cameroun mérite mieux que cette pratique qui affaiblit la confiance des citoyens dans leurs institutions. »