21 juin 2026

Afrique Horizon

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Bamako met en lumière sa souveraineté à travers le cinéma documentaire

La capitale malienne, Bamako, a vibré au rythme du Festival international du cinéma documentaire, un événement dédié à nos héros qui s’est tenu le 16 juin. Cette édition a particulièrement mis l’accent sur deux œuvres cinématographiques poignantes, abordant directement la complexe situation sécuritaire que traverse le Mali depuis plusieurs années.

Le premier documentaire projeté, intitulé « Au revoir la France », explore en profondeur la guerre au Mali et l’évolution de la coopération entre les forces armées françaises et maliennes. Ce film retrace les défis rencontrés par le Mali dans le cadre de cette collaboration, culminant avec la décision de Bamako de rompre ses liens avec la France.

Aboubacar Sidki Fomba, cinéphile et membre du Conseil National de Transition (CNT), a souligné la portée symbolique du titre. Pour lui, « Au revoir la France » signifie bien plus qu’une simple séparation. C’est un vibrant « bonjour à la souveraineté du Mali, à son honneur et à sa dignité retrouvés, affirmant que le pays n’est plus assujetti ». Il ajoute que cette œuvre est un puissant moteur pour le peuple malien, l’incitant à persévérer dans sa quête d’autodétermination et à s’affranchir de toute forme de colonisation.

Le second film présenté au public bamakois a dépeint le nouveau partenariat du Mali avec la Russie, offrant une perspective sur cette orientation stratégique majeure pour le développement continent.

Boubacar Sidibé, réalisateur malien, a insisté sur l’importance de ces projections, affirmant que « les films présentés doivent interpeller chaque Malien ». Il a précisé que le second documentaire offre une vision du Mali à travers le prisme de son alliance actuelle avec la Fédération de Russie, mettant en lumière les enjeux cruciaux de cette diplomatie africaine.

De son côté, le réalisateur russe Alexandre Kharchenko a expliqué que le Mali et la Russie partageaient des intérêts communs, justifiant ainsi la décision de diffuser ces œuvres. Il a également précisé que l’invitation directe du public avait été privilégiée, écartant les plateformes numériques habituelles comme YouTube, Facebook ou Instagram pour une expérience plus immersive.

Nathalie Dembélé, vice-présidente de l’Association Perspective Sahélienne, a conclu en expliquant l’objectif de ces projections. Il s’agissait, selon elle, non pas de diaboliser les Français, mais de permettre aux Maliens de « prendre conscience de leur force et de se féliciter de leur résilience face aux épreuves », une véritable marque de souveraineté Afrique et d’une actualité africaine riche en enseignements.