17 juillet 2026

Afrique Horizon

Prospective et actualités africaines : économie, diplomatie, développement et souveraineté du continent.

Affaire du trafic d’or au Cameroun : les ministres camerounais pointés du doigt

Affaire du trafic d’or au Cameroun : les ministres camerounais pointés du doigt

Le membre du bureau politique du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto dénonce les déclarations officielles sur la gestion des ressources aurifères.

Armand Djaleu
||4 min de lecture

Des déclarations ministérielles contestées sur la gestion de l’or au Cameroun

Lors d’une conférence de presse organisée à Yaoundé, le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus Gentry, a catégoriquement nié toute disparition d’or appartenant à l’État camerounais. Cette annonce, faite en présence du ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, visait à apaiser les tensions suscitées par des révélations sur un manque à gagner fiscal estimé à près de 2 000 milliards de FCFA.

Le gouvernement camerounais attribue cette situation non pas à un détournement de fonds publics, mais à une fraude massive perpétrée par des opérateurs privés. Selon les autorités, les compagnies minières privées sous-déclarent systématiquement les volumes d’or extraits.

Un déficit de transparence révélé par les chiffres

Les données officielles montrent une décalage alarmant dans les déclarations d’exportation. En 2023, seuls 22 kg d’or ont été officiellement exportés par le Cameroun, contre 15 tonnes enregistrées par les douanes des Émirats arabes unis. La Société nationale des mines (Sonamines) estime à environ 44 tonnes la quantité d’or ayant échappé aux circuits formels entre 2021 et 2025.

Face à cette situation, le ministre Fuh Calistus Gentry a annoncé des mesures urgentes pour renforcer le contrôle de la filière aurifère. Parmi ces initiatives, la création d’une équipe pluridisciplinaire incluant la Sonamines, la Direction générale des impôts (DGI) et la Direction générale des douanes (DGD). Cette unité aura pour mission d’effectuer des contrôles inopinés sur les sites miniers et de recruter un expert international afin d’évaluer le potentiel réel des gisements.

La réaction cinglante de Me Sikati

Le membre du bureau politique du MRC, Me Désiré Sikati, a vivement réagi aux déclarations ministérielles. Dans un communiqué, il a ironisé sur les propos du ministre en déclarant : « Certains ministres camerounais sont de vrais magiciens. »

Me Sikati a souligné que le ministre Fuh Calistus Gentry, en affirmant qu’il n’y avait pas de disparition d’or appartenant à l’État, évitait soigneusement de répondre à la question centrale : à qui appartient donc l’or disparu ?

« Le ministre ne dit pas qu’il n’y a pas disparition de l’or. Il précise simplement que l’or appartenant à l’État camerounais n’a pas disparu. »

« Peut-être que le ministre considère, malgré les dispositions claires du Code minier, que l’or du Cameroun appartient à des particuliers ? »

« En réalité, ces responsables ne sont pas là pour servir les intérêts du Cameroun, mais les leurs. »

Me Sikati a rappelé que le Code minier camerounais stipule clairement que le sous-sol et ses ressources, dont l’or, appartiennent à l’État. Il a également pointé du doigt les intérêts personnels qui, selon lui, motivent les décisions de certains membres du gouvernement.