21 juin 2026

Afrique Horizon

Prospective et actualités africaines : économie, diplomatie, développement et souveraineté du continent.

Tensions politiques au Sénégal : Sonko s’en remet aux instances du Pastef pour l’avenir de Diomaye Faye

La scène politique sénégalaise est marquée par une crise persistante entre le parti Pastef et le président Bassirou Diomaye Faye. Face aux appels de certains membres du parti au pouvoir pour l’exclusion du chef de l’État, Ousmane Sonko a clairement affirmé que cette décision reviendrait aux organes internes du mouvement, « le moment opportun ».

Lors d’une récente intervention, le président de l’Assemblée nationale a souligné la structure rigoureuse et l’organisation du Pastef. Il a rappelé que toute résolution concernant une exclusion devrait impérativement s’inscrire dans le respect des statuts et règlements internes du parti.

« La situation sera évaluée en temps voulu. Le Pastef est une formation politique profondément structurée et organisée, dotée de textes clairs régissant les procédures et les motifs à considérer avant toute discussion sur l’exclusion d’un membre. Le parti n’est pas ma seule personne ; ce sont ses instances qui statueront en leur âme et conscience », a déclaré Ousmane Sonko.

Le dirigeant du Pastef a néanmoins tenu à clarifier qu’une telle mesure n’était pas à l’ordre du jour. Il a insisté : « Nous n’en sommes pas encore à ce stade. »

Sonko écarte le terme de « trahison »

Face aux questions concernant les allégations de « trahison » dirigées contre le président Diomaye Faye, Ousmane Sonko a délibérément évité d’utiliser ce vocabulaire. Il a préféré inscrire le débat dans une perspective purement politique, plutôt que morale ou affective.

« Les concepts de trahison se rapportent davantage aux sphères de la morale et de l’émotion », a-t-il affirmé. « Mon approche se veut résolument politique. »

Selon ses observations, plusieurs promesses faites au peuple sénégalais n’ont pas été honorées. Plus inquiétant encore, il perçoit un manque de volonté concrète pour leur mise en application.

L’ancien Premier ministre a conclu en déclarant : « J’estime qu’à l’heure actuelle, certains des engagements que nous avons contractés envers la population sénégalaise ne sont pas respectés et qu’il n’y a pas de véritable intention de les concrétiser. Quant à la trahison, je la laisse à l’appréciation du domaine moral. »

Une atmosphère tendue au cœur du pouvoir sénégalais

Ces récentes déclarations s’inscrivent dans un climat de vives tensions au sein des sphères dirigeantes du Sénégal, un pays clé de l’actualité africaine. Depuis plusieurs semaines, des cadres influents et des militants du Pastef reprochent au président Bassirou Diomaye Faye de s’écarter de la feuille de route politique qui a mené le parti au sommet de l’État.

En dépit de ces critiques grandissantes, Ousmane Sonko maintient sa préférence pour les procédures internes au parti, écartant ainsi toute décision hâtive concernant le chef de l’État. Cette approche s’inscrit dans une logique de prospective Afrique pour la stabilité politique.