14 mai 2026

Tchad : liberté politique en danger après les condamnations de l’opposition

Au Tchad, la récente condamnation à huit ans de prison de huit membres de la coalition d’opposition GCAP a déclenché une vague de protestations parmi les leaders politiques et la société civile. Prononcée le 8 mai 2026, cette décision judiciaire est perçue comme une attaque frontale contre les droits fondamentaux et la démocratie dans le pays.

Plusieurs figures de l’opposition dénoncent une dérive autoritaire et s’alarment d’un recul des libertés publiques au Tchad. Si certains observateurs estiment que cette sentence était prévisible, beaucoup y voient un nouveau signe de la répression systématique des voix dissidentes par le gouvernement en place.

Une justice instrumentalisée contre les opposants

Alifa Younous Mahamat, coordinateur en Europe du Parti socialiste sans frontière (PSF), dénonce des procédures judiciaires biaises et une instrumentalisation de la justice. Selon lui, cette condamnation s’ajoute à une série d’actes visant à étouffer toute opposition :

  • Condamnation de Succès Masra, leader politique influent ;
  • Retrait de la nationalité tchadienne pour des militants en exil ;
  • Assassinat de Yaya Dillo, dirigeant du PSF, lors d’une opération militaire en 2024 ;
  • Fuite à l’étranger de Robert Gam, secrétaire général du PSF, après des mois de détention arbitraire.

Pour Alifa Younous Mahamat, ces événements illustrent une stratégie délibérée pour museler les opposants et empêcher toute alternance démocratique.

L’opposition parlementaire sous haute tension

Albert Pahimi Padacké, président du Rassemblement national des démocrates tchadiens (RNDT) et ancien Premier ministre, partage cette analyse. Il affirme que le pouvoir en place mène une campagne systématique contre les opposants depuis l’avènement de la cinquième République. Selon lui, le Mouvement patriotique du salut (MPS), parti au pouvoir, cherche à concentrer les pouvoirs pour éviter toute contestation.

Ce climat de répression renforce l’inquiétude quant à l’avenir de la démocratie au Tchad. Les arrestations, les poursuites judiciaires et les restrictions imposées aux mouvements politiques créent un environnement oppressif pour les opposants. Albert Pahimi Padacké lui-même reconnaît craindre des représailles, illustrant la peur généralisée au sein de l’opposition.

Un espace démocratique en voie de disparition

Ces condamnations successives soulèvent des questions sur l’état des libertés politiques au Tchad. Pour les observateurs, la situation actuelle reflète une détérioration progressive de l’espace démocratique, où les voix critiques sont systématiquement censurées ou éliminées.