9 juin 2026

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Tchad : escroquerie immobilière à N’Djamena, un homme jugé pour double vente

Tchad

Tchad : escroquerie immobilière à N’Djamena, un homme jugé pour double vente

Un résident de N’Djamena comparaît pour avoir vendu un même terrain à plusieurs acheteurs tout en encourant des menaces de mort. Le tribunal examine les chefs d’accusation incluant escroquerie et détention arbitraire.

Tchad : escroquerie immobilière à N'Djamena, un homme jugé pour double vente

Un homme de N’Djamena a été traîné devant le tribunal de grande instance pour une affaire d’escroquerie immobilière particulièrement médiatisée. Les faits remontent à plusieurs semaines, lorsque le prévenu a été accusé d’avoir vendu un même terrain à plusieurs acquéreurs, tout en menant des menaces de mort à leur encontre.

D’après les éléments du dossier, le mis en cause aurait perçu des fonds importants auprès de ses victimes, avec des montants oscillant entre 52 millions et près de 100 millions de francs CFA. Une audience de plus de quatre heures s’est tenue pour examiner les griefs retenus contre lui.

Débats houleux entre les parties en présence

Lors de l’audience, les avocats de la défense et ceux des parties civiles ont échangé des arguments vifs. Les plaignants exigent non seulement le remboursement intégral des sommes versées, mais aussi des indemnités pour préjudice subi. De leur côté, les défenseurs du prévenu ont dénoncé une détention prolongée et illégale de leur client, retenu plus de trois mois par les services de renseignement avant son transfert devant la justice.

Un conflit familial à l’origine du litige

Le collectif de défense a plaidé la légitimité du terrain, affirmant qu’il appartient en réalité à leur client, agissant en tant que représentant de ses frères. Ils ont mis en avant une manoeuvre orchestrée par l’oncle paternel du prévenu, visant à s’approprier le bien laissé par son frère décédé. Cette situation aurait poussé les acheteurs à réclamer le remboursement de leurs investissements.

L’accusation d’escroquerie contestée

Les avocats des victimes ont qualifié les agissements du prévenu d’escroquerie caractérisé, une qualification que la défense a vivement rejetée. Selon eux, aucun transfert frauduleux de propriété n’a été réalisé, et les articles 213 et 214 du code pénal tchadien ne s’appliquent pas dans cette situation. Le procureur, quant à lui, a requis une condamnation ferme, soulignant que la perception de fonds auprès de plusieurs personnes constitue une infraction pénale. Il a proposé une amende de 500 000 francs CFA.

L’affaire, déjà examinée une première fois le 1er juin, a été renvoyée à délibéré. En attendant, le prévenu reste détenu à la maison d’arrêt de Klessoum, sous la pression des deux camps qui espèrent une issue favorable à leurs revendications.