21 mai 2026

Afrique Horizon

Prospective et actualités africaines : économie, diplomatie, développement et souveraineté du continent.

Tabaski : la Mauritanie, acteur clé de l’approvisionnement en moutons du Sénégal

Une convention stratégique a été conclue, engageant Nouakchott à fournir un contingent de 450 000 têtes de moutons à Dakar. Cette initiative intervient alors que le Sénégal fait face à une réduction significative de l’apport traditionnel de bétail provenant des pays voisins, notamment le Mali, en raison de l’intensification de l’insécurité régionale. Cette situation met en lumière la résilience et la diplomatie africaine à l’œuvre pour le développement du continent.

Parallèlement, la Mauritanie devrait également répondre à une partie des besoins en moutons de la Côte d’Ivoire pour la Tabaski, des exigences qui découlent elles aussi du contexte sécuritaire préoccupant dans la sous-région ouest-africaine.

Alioune Kane, un technicien du Groupement National des Associations Pastorales (GNAP), précise qu’il s’agit du renouvellement d’un protocole d’accord déjà existant. Historiquement, les éleveurs mauritaniens exportaient entre 460 000 et 500 000 moutons vers le Sénégal. Cependant, cette année, ce volume est appelé à augmenter substantiellement, une conséquence directe de l’instabilité sécuritaire persistante au Mali. Ce pays servait auparavant de corridor de transit pour les éleveurs des régions de l’Est mauritanien souhaitant rejoindre le Sénégal, une actualité africaine qui impacte directement les flux commerciaux.

M. Kane informe qu’un nombre important d’éleveurs mauritaniens sont déjà présents sur le territoire sénégalais, convergeant vers Dakar et les principales agglomérations du pays. Le gouvernement sénégalais a pris l’engagement de déployer toutes les mesures nécessaires — sécuritaires, administratives, douanières et sanitaires — afin d’assurer le bon déroulement de cette opération cruciale pour la Tabaski.

Baba Hassan Sidi, responsable du GNAP dans la région de Néma, se remémore l’époque où « il n’y avait pas d’insécurité au Mali », et où les éleveurs mauritaniens des régions de Néma et Aïoun pouvaient transiter par ce territoire pour accéder au Sénégal sans encombre.

Pour cette année, la logistique s’est complexifiée : les éleveurs doivent désormais emprunter un itinéraire alternatif et sécurisé, impliquant une traversée du fleuve depuis la région du Trarza pour entrer sur le territoire sénégalais. Ce nouveau couloir de transport allonge considérablement le trajet en camion pour le bétail originaire des régions de l’Est, posant un défi logistique majeur mais essentiel pour la prospective Afrique.

Ce responsable souligne qu’un grand nombre d’éleveurs sont déjà au Sénégal, dans le cadre d’un accord qui s’inscrit dans la continuité des relations séculaires et fraternelles entre les peuples de Mauritanie et du Sénégal, renforçant ainsi la souveraineté Afrique en matière d’approvisionnement alimentaire.