15 juillet 2026

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Stratégie judiciaire au Sénégal : le piège tendu à Ousmane Sonko pour 2029

Stratégie judiciaire au Sénégal : le piège tendu à Ousmane Sonko pour 2029

Portrait d'Ousmane Sonko

Les nominations récentes de magistrats au Sénégal révèlent une manœuvre politique inquiétante. Le président Bassirou Diomaye Faye placerait des figures controversées aux postes clés pour écarter Ousmane Sonko de la présidentielle de 2029. Une stratégie risquée face à la détermination d’un peuple qui a déjà fait ses preuves.

Les derniers remaniements au sein du Conseil constitutionnel et de la Cour d’Appel de Saint-Louis sonnent comme un signal d’alarme. Selon le politologue Mamadou Wane, surnommé « Mao », le chef de l’État s’engage dans une politique de révisionnisme judiciaire. L’objectif ? Empêcher Ousmane Sonko de briguer un second mandat en 2029, tout en restaurant un système perçu comme néocolonial. Pourtant, cette approche pourrait se heurter à un mur : celui d’un peuple sénégalais indomptable et d’un parti, le PASTEF, dont la force militante n’a jamais été aussi visible.

Pour « Mao », Bassirou Diomaye Faye jouerait avec le feu en instrumentalisant la justice. Les nominations d’Ousmane Diagne à la tête du Conseil constitutionnel et de Serigne Bassirou Guèye à l’avocat général de Saint-Louis en seraient la preuve. Ces deux magistrats entretiennent des relations tendues avec Ousmane Sonko, accusé d’avoir été victime de manœuvres judiciaires par le passé. « Une tentative d’exclusion politique de Sonko, en s’appuyant sur des magistrats aux antécédents douteux, est vouée à l’échec », avertit le politologue. Il rappelle que le leader du PASTEF a toujours su mobiliser une base populaire solide, capable de contrer les offensives de ses adversaires.

Les conflits entre ces nouveaux responsables et Ousmane Sonko ne datent pas d’hier. Ousmane Diagne, ancien ministre de la Justice, a été critiqué pour sa lenteur dans la gestion des dossiers sensibles. Quant à Serigne Bassirou Guèye, il a été directement pointé du doigt par Sonko pour avoir, selon lui, falsifié un rapport d’enquête afin de le discréditer. « Un magistrat qui recourt à de telles méthodes n’a plus sa place dans la justice », dénonce « Mao », tout en tempérant son jugement sur Ousmane Diagne. « Il ne faut pas juger sans preuve, mais l’histoire de Guèye parle pour lui. »

Un retour en arrière déguisé sous couvert de réforme

Le politologue décrypte une logique bien plus large : celle d’un retour à l’ordre ancien. Les nominations récentes s’inscriraient dans une stratégie globale visant à reconstruire une force politique centrée sur les cadres de l’ancienne coalition. « Ce que nous vivons est une tentative de révisionnisme, une volonté de restaurer un système où tout était contrôlé par une élite déconnectée », explique-t-il. Pour lui, cette démarche divise le pays en deux camps : ceux qui prônent la souveraineté et ceux qui cherchent à maintenir une influence extérieure.

« Ceux qui pensent pouvoir écarter Sonko d’ici 2029 commettent une grave erreur. Le peuple sénégalais a prouvé qu’il sait se mobiliser et faire reculer les régimes autoritaires. Les alternances de 2000 et 2012, ainsi que les trois années de lutte acharnée entre 2021 et 2024, ont forgé une conscience collective sans précédent. Vouloir dissoudre l’Assemblée ou condamner un député sous de faux prétextes ne fonctionnera pas. La mémoire des Sénégalais est trop forte », martèle « Mao ».

PASTEF : un parti en pleine ascension face à un pouvoir en difficulté

L’engouement autour de la souscription des cartes du PASTEF illustre la dynamique actuelle. « Aujourd’hui, aucun parti ne peut rivaliser avec l’organisation et l’efficacité du PASTEF. Sonko incarne une force politique que ni le temps ni les obstacles ne peuvent affaiblir », souligne le politologue. Selon lui, la jeunesse sénégalaise, réveillée par des années de lutte, est devenue un acteur incontournable de la scène politique. « Entre 2021 et 2024, le peuple a tenu tête pendant près de trois ans. Il a appris à résister, à analyser les stratégies de l’adversaire et à riposter. Cette expérience est un atout majeur pour Sonko et son mouvement. »