Pourquoi les bus chinois représentent une opportunité pour l’emploi au Sénégal
Un appel d’offres européen de plus de 300 millions d’euros pour équiper Dakar en bus et infrastructures a déclenché une vive polémique. Alors que les critiques fusent contre une potentielle attribution à une entreprise chinoise, un député européen défend une position pragmatique : ces partenariats doivent avant tout servir la création d’emplois locaux.
Un appel d’offres sous le feu des critiques
L’attribution prochaine d’un marché public visant à moderniser le réseau de transport dakarois soulève des questions. Une entreprise liée à l’État chinois, déjà sanctionnée pour non-respect des règles européennes sur les subventions étrangères, pourrait emporter le contrat. Pourtant, certains responsables politiques européens dénoncent cette issue, la qualifiant même d’« irrationnelle ».
L’emploi local au cœur des débats
Pour Udo Bullmann, député européen influent, l’essentiel réside dans la capacité du projet à générer des emplois qualifiés pour les Sénégalais. « Ce qui compte, c’est une main-d’œuvre africaine qualifiée et la création d’une valeur ajoutée locale », a-t-il déclaré lors d’une conférence à Bruxelles.
Il précise ne pas se prononcer sur les détails techniques du projet, mais insiste sur un principe : tout investissement étranger doit s’accompagner de retombées concrètes pour l’économie sénégalaise. « Je salue les investisseurs qui forment et embauchent sur place selon des normes élevées », a-t-il ajouté.
Un partenariat sino-sénégalais en marche
Les récentes discussions entre le gouvernement sénégalais et les autorités chinoises ont abouti à un accord historique : la construction d’une usine d’assemblage de bus au Sénégal. Ce projet, s’il est mené à bien, pourrait dynamiser l’industrie locale et réduire la dépendance aux importations.
Bullmann souligne que l’Europe doit privilégier les partenariats gagnant-gagnant, où les entreprises africaines bénéficient d’un accès aux financements tout en renforçant leurs compétences. « L’Europe est la meilleure alternative pour l’Afrique quand il s’agit de coopération équitable », a-t-il affirmé, critiquant les approches purement commerciales d’autres partenaires internationaux.
Des divergences sur la préférence européenne
Le responsable du développement de l’UE, Jozef Síkela, a récemment évoqué l’intégration de mesures favorisant les entreprises européennes dans les futurs projets de financement. Une position que Bullmann rejette catégoriquement. Pour lui, la priorité doit être donnée aux produits et services locaux, quel que soit leur origine.
Il rappelle que les autorités sénégalaises sont libres de choisir l’offre la plus avantageuse, comme l’a confirmé Barry Andrews, président de la commission du développement du Parlement européen. « Imposer une préférence européenne reviendrait à faire payer deux fois plus les Sénégalais », a-t-il souligné, citant l’écart de prix entre l’offre chinoise et la seule proposition européenne restante.
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