14 mai 2026

Sénégal : croissance industrielle record de 23,9 % en septembre 2025

L’économie du Sénégal affiche une vitalité remarquable grâce à son secteur industriel. Les statistiques officielles révèlent une hausse de 23,9 % de la production manufacturière en septembre 2025, comparé à la même période l’année précédente. Cette performance renforce la croissance annuelle du PIB, qui atteint désormais 4,2 % sur les douze derniers mois, hissant le pays parmi les économies les plus dynamiques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Cette progression n’est pas un simple coup d’éclat. Elle s’inscrit dans une tendance de fond, marquée par l’augmentation des capacités de production ces dernières années. Les secteurs des hydrocarbures, de l’agro-industrie et de la chimie jouent un rôle clé dans cette transformation, réduisant progressivement la dépendance vis-à-vis du tertiaire.

Les hydrocarbures et l’industrie extractive en tête de l’essor

Le Sénégal mise sur ses ressources naturelles pour booster son économie. L’exploitation du champ pétrolier de Sangomar et le développement du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim – mené en partenariat avec la Mauritanie – constituent des leviers majeurs. Ces initiatives ont non seulement diversifié les exportations nationales, mais aussi renforcé les recettes de l’État, dans un contexte où Dakar cherche à consolider ses finances publiques.

L’industrie manufacturière suit cette dynamique positive. Les branches agroalimentaire, cimentière et chimique, notamment portées par les Industries chimiques du Sénégal (ICS), bénéficient d’une demande intérieure solide et d’un regain des commandes régionales. L’impact se répercute sur les services annexes, comme les transports et la logistique, élargissant ainsi les fondements de la croissance.

Un PIB à 4,2 % qui redessine la place du Sénégal

Avec une croissance annuelle de 4,2 %, l’économie sénégalaise retrouve un rythme proche des niveaux pré-pandémiques, après des trimestres marqués par des révisions à la baisse. Ce chiffre reste cependant en deçà des prévisions initiales du gouvernement, qui anticipait des résultats plus élevés avec le lancement du cycle pétrolier. Les autorités expliquent cet écart par un contexte international moins favorable et une prudence accrue des investisseurs face aux ajustements budgétaires en cours.

Pour le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko, l’enjeu est désormais de transformer cette embellie industrielle en emplois durables et en recettes fiscales stables. Le plan Sénégal 2050 fait de la transformation locale un pilier stratégique, avec pour objectif de diminuer les importations et de gravir les échelons des chaînes de valeur. La performance de septembre offre un atout de poids à cette feuille de route, à condition que la tendance se maintienne au dernier trimestre de l’année.

Les défis à ne pas négliger

Malgré ces avancées, certains signaux d’alerte persistent. La forte croissance de l’industrie s’explique en partie par un effet de base favorable, 2024 ayant été marquée par des perturbations majeures dans plusieurs unités de production. Par ailleurs, la dette publique reste un sujet de préoccupation pour les partenaires financiers, après la révélation de l’ampleur réelle des engagements accumulés sous le précédent mandat.

Néanmoins, les indicateurs de septembre envoient un message globalement positif. Le Sénégal combine désormais une production d’hydrocarbures opérationnelle, un tissu industriel diversifié et une consommation intérieure résiliente, contrairement à plusieurs de ses voisins ouest-africains confrontés à des instabilités sécuritaires ou politiques. Cette situation pourrait consolider l’attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux, en particulier ceux du Golfe, qui multiplient leurs investissements dans les secteurs énergétique et logistique sénégalais.

Les semaines à venir seront déterminantes pour valider cette tendance. Les prochaines publications trimestrielles de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) permettront d’évaluer la durabilité de cette accélération industrielle. Les chiffres de septembre marquent, selon les observateurs, le pic le plus élevé enregistré depuis le début de l’année.

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