4 juin 2026

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Sécurité renforcée autour de l’aéroport de Niamey : démolitions et mesures de protection

Dans le quartier de Kobontafa, situé à quelques centaines de mètres seulement de l’aéroport international de Niamey, les habitants s’affairent à récupérer les éléments utilisables de leurs habitations avant leur destruction programmée. Portes, fenêtres et toitures sont démontées dans l’urgence, alors que les autorités nigériennes ont lancé une opération d’envergure contre les constructions jugées illégales dans la zone aéroportuaire.

Cette initiative s’inscrit directement dans le cadre d’un plan de sécurisation renforcée, adopté après l’attaque du 29 janvier contre l’aéroport international Diori Hamani et une base militaire abritant des drones. Les autorités nigériennes estiment que les assaillants auraient utilisé ces quartiers informels comme couverture pour approcher leur cible.

Selon les chiffres officiels, près de 26 000 résidents, répartis dans quatre quartiers non autorisés, sont concernés par cette opération. Ces zones, qui s’étendent sur une partie importante du périmètre aéroportuaire, sont considérées comme des points de vulnérabilité majeurs en matière de sécurité.

Le Niger fait face depuis plusieurs années à une montée en puissance des groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, notamment dans les régions périphériques de la capitale. L’attaque de janvier, revendiquée par l’État islamique au Sahel, avait été repoussée par les forces nigériennes, soutenues par des partenaires internationaux. Le bilan officiel faisait état de vingt morts parmi les assaillants et de quatre militaires nigériens blessés, tandis que les infrastructures ciblées subissaient des dommages.

Quelques semaines plus tard, le général Abdourahamane Tiani, président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, avait reconnu une faille dans le dispositif de sécurité ayant facilité l’intrusion. Il avait précisé que l’objectif des assaillants était de neutraliser les capacités aériennes de l’armée nigérienne.

Le colonel Amadou Abdramane, ministre des Transports et de l’Aviation civile, a détaillé que les démolitions se concentrent en priorité sur la partie orientale de l’aéroport, une zone occupée illégalement et identifiée comme point d’entrée des assaillants lors de l’attaque.

De son côté, le général Mohamed Toumba, ministre de l’Intérieur, a alerté sur le risque d’infiltration persistante que représentent ces quartiers. Il a également mis en garde contre une éventuelle dégradation du statut de l’aéroport auprès des instances internationales si des garanties de sûreté suffisantes ne sont pas mises en place.

Les autorités nigériennes ont assuré que les habitants affectés par les démolitions bénéficieraient d’une indemnisation, à condition de s’inscrire dans le cadre du recensement organisé à cet effet.

En parallèle, des mesures complémentaires ont été prises pour sécuriser davantage le site. La clôture périphérique a été prolongée, et plus de 350 caméras de surveillance ont été installées, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’enceinte aéroportuaire.

À l’échelle nationale, une campagne de sensibilisation est en cours pour encourager les citoyens à signaler toute activité ou individu suspect aux forces de sécurité via des numéros d’urgence dédiés.