2 juin 2026

Afrique Horizon

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Rupture politique au Sénégal : le choc entre Diomaye et Sonko

rupture politique au Sénégal : le choc entre Diomaye et Sonko

La rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ex-Premier ministre Ousmane Sonko laisse de nombreux jeunes Sénégalais sous le choc. Alors que le gouvernement était dévoilé hier, son parti, Pastef-Les Patriotes, en était systématiquement absent. Une décision qui officialise la fin d’une alliance politique jusqu’alors présentée comme indéfectible.

Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye lors d’un meeting à Dakar en 2024

Un divorce politique qui divise la jeunesse sénégalaise

À l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, l’annonce a provoqué un véritable séisme. Beaucoup d’étudiants, qui avaient placé leur confiance dans le tandem Diomaye-Sonko, peinent à accepter cette rupture. Amath Segnane, en pleine révision sous un arbre de la Faculté des Lettres, exprime son désarroi :

« Pendant la campagne, on nous a promis une équipe soudée, un duo qui travaillerait main dans la main pour relever le Sénégal. Aujourd’hui, les faits montrent autre chose. C’est une trahison de la confiance placée en eux. »

Pour ce jeune électeur, la séparation entre les deux hommes marque la fin d’une illusion collective.

Une rupture prévisible pour certains observateurs

Mamadou Bah, étudiant en sciences économiques, voit dans cette rupture l’aboutissement d’une longue série de tensions. Selon lui, les désaccords entre les deux dirigeants étaient visibles depuis des mois :

« Le Premier ministre ne reconnaissait plus l’autorité présidentielle. Il agissait comme s’il était au-dessus du chef de l’État. Dans ces conditions, le divorce était inévitable. »

Bien que déçu, cet étudiant soutient la décision de Bassirou Diomaye Faye de reprendre le contrôle de l’exécutif.

Bâtiments de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar

Entre espoir de réconciliation et réalisme politique

Omar Sarr, étudiant en arabe, refuse pour sa part de croire à une séparation définitive. Pour lui, l’histoire commune de Diomaye et Sonko est trop forte pour s’achever ainsi :

« Sans Sonko, Diomaye n’aurait jamais accédé à la présidence. Ils ont lutté ensemble pendant des années. Aujourd’hui, certains lui donnent raison, d’autres à Sonko. Mais une rupture totale ? Non, je n’y crois pas. »

Alors que le président continue de gouverner sans le soutien de son parti, et que Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale, bascule dans l’opposition, le paysage politique sénégalais se recompose sous les yeux d’une jeunesse désorientée.