6 juin 2026

Afrique Horizon

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Routes vers le Mali : tensions sur les corridors sénégalais, marocains et guinéens

Les axes routiers qui approvisionnent le Mali sont en proie à des difficultés croissantes, affectant les transporteurs du Sénégal, du Maroc et de la Guinée. Entre appels à la suspension de certains trajets et incidents sécuritaires, le fret et la logistique subissent de plein fouet ces perturbations.

Le corridor Dakar-Bamako, artère vitale pour les importations maliennes, connaît des tensions. En 2024, environ 2,6 millions de tonnes de marchandises ont transité par le port de Dakar à destination du Mali. Or, des transporteurs sénégalais signalent que onze de leurs camions ont été incendiés récemment. L’Union des routiers du Sénégal a exhorté les chauffeurs à réduire ou suspendre leurs trajets vers Bamako, jugeant les risques trop élevés.

L’attaque du 6 mai a exacerbé ces préoccupations. Des convois commerciaux ont été visés sur l’axe reliant la frontière mauritanienne à la capitale malienne. Plus d’une quinzaine de poids lourds marocains, sénégalais et mauritaniens ont été pris pour cible, dont six marocains réduits en cendres. Cet événement a provoqué une onde de choc au Maroc, où les opérateurs de transport routier adoptent désormais une plus grande prudence pour les dessertes maliennes. Les coûts grimpent : assurances, immobilisation, sécurité renforcée et détours allongent des trajets déjà onéreux.

Le corridor Guinée-Mali n’est pas épargné. Depuis les attaques de fin avril, la circulation des biens et des voyageurs a fortement ralenti. Pourtant, cet itinéraire via le port de Conakry jouait un rôle clé dans la diversification logistique du Mali. Les entraves sur cette route réduisent les alternatives quand d’autres axes sont sous tension.

Au-delà des transporteurs, les conséquences touchent toute la chaîne : des chauffeurs attendent plus longtemps avant de partir, certains convois se regroupent par sécurité, et des familles restent sans nouvelles de proches pendant plusieurs jours. Côté économique, chaque interruption allonge les délais de stockage, retarde les livraisons et freine les échanges transfrontaliers. Lorsque plusieurs corridors sont bloqués simultanément, c’est tout l’approvisionnement du Mali qui est menacé.

Trois ans après la réorientation sécuritaire du Mali, du Burkina Faso et du Niger, marquée par un éloignement des partenaires occidentaux et un rapprochement avec la Russie, les défis sécuritaires pèsent toujours sur le Sahel. Les perturbations sur les axes commerciaux majeurs se répercutent bien au-delà des frontières de l’Alliance des États du Sahel, affectant aussi les transporteurs sénégalais, marocains et mauritaniens.