10 juin 2026

Afrique Horizon

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Relations commerciales tchadiennes : la Chine domine les importations, les émirats les exportations

Le paysage commercial du Tchad révèle une dépendance marquée envers deux acteurs majeurs, mais aux rôles inversés. D’un côté, la Chine s’impose comme le principal fournisseur de marchandises, tandis que les Émirats arabes unis se positionnent en tête des acheteurs des ressources tchadiennes.

La Chine, leader incontesté des importations tchadiennes

En 2025, le Tchad a importé pour 306,5 milliards de FCFA de biens en provenance de Chine, soit 30,7 % de ses importations totales. Un chiffre qui place Pékin loin devant ses concurrents directs. Le Cameroun, second fournisseur, n’exporte que 108,4 milliards de FCFA au Tchad, soit trois fois moins que la Chine. La Libye, avec 85,8 milliards de FCFA, complète le trio de tête des importations.

Les produits chinois qui arrivent au Tchad sont variés : équipements industriels, biens de consommation courante et produits manufacturés. Cette dynamique s’inscrit dans le cadre d’un modèle économique classique où un pays africain absorbe la production industrielle d’une puissance asiatique en échange de matières premières. Une stratégie que la Chine applique avec succès depuis des années sur l’ensemble du continent africain.

Les Émirats arabes unis, premiers acheteurs des ressources tchadiennes

Côté exportations, le Tchad vend principalement à destination des Émirats arabes unis. En 2025, ces derniers ont acheté pour 333,3 milliards de FCFA de produits tchadiens, soit 26,2 % des exportations totales du pays. Ils devancent de peu la Malaisie (297,8 milliards de FCFA) et l’Allemagne (279,9 milliards de FCFA).

Contrairement à une relation commerciale directe, les Émirats jouent avant tout le rôle de plateforme de redistribution. Les ressources pétrolières tchadiennes transitent par Dubai et Abu Dhabi, où elles peuvent être traitées ou mélangées avant d’être réexpédiées vers d’autres marchés. Bien que ce système profite aux deux parties, il limite la visibilité du Tchad sur l’utilisation finale de ses propres ressources naturelles.

Une concentration des échanges aux conséquences stratégiques

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 79,8 % des importations tchadiennes proviennent des dix principaux fournisseurs, tandis que 98,9 % des exportations sont captées par les dix premiers acheteurs. Cette double concentration expose le Tchad à des risques économiques majeurs en cas de choc externe.

Si la France et les États-Unis conservent une place dans le commerce tchadien, leur influence reste marginale. La France, malgré ses liens historiques, ne représente que 5,1 % des importations (50,9 milliards de FCFA), tandis que les États-Unis se situent à 5,3 % (53 milliards de FCFA). À l’inverse, des pays comme l’Inde (4,3 %), le Togo (3,6 %), le Brésil (2,9 %) ou la Turquie (2,3 %) élargissent progressivement le spectre des fournisseurs, sans pour autant menacer la domination chinoise.

Vers une diversification des partenariats commerciaux ?

Cette cartographie des dépendances commerciales révèle un Tchad fortement ancré dans des relations asymétriques. Pour réduire sa vulnérabilité, le pays pourrait envisager une politique de diversification de ses échanges, tant à l’import qu’à l’export. Une telle stratégie permettrait de limiter les risques liés à la concentration actuelle et de renforcer la souveraineté économique du Tchad.

Commerce extérieur du Tchad : la Chine domine les importations, les Émirats les exportations