Du 18 au 21 mai 2026, Abidjan a accueilli un événement majeur pour le continent africain : la neuvième édition du Réseau africain des autorités de protection des données personnelles (RAPDP). Cette conférence internationale, qui a réuni plus de trente nations dont vingt-quatre pays africains, a rassemblé des experts, des acteurs privés et des institutions pour échanger sur les enjeux cruciaux de l’économie numérique et de la protection des données à l’ère de l’intelligence artificielle et des plateformes digitales.
La cérémonie d’ouverture, présidée par le ministre ivoirien de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a marqué le lancement de débats approfondis sur les défis posés par les avancées technologiques. L’objectif ? Trouver un équilibre entre régulation et innovation, un thème central qui a guidé les discussions tout au long de l’événement.
Une vision commune pour une gouvernance numérique africaine
Le cœur de cette rencontre résidait dans l’adoption de la Déclaration d’Abidjan 2026-2030, un texte stratégique destiné à tracer la voie d’une gouvernance numérique africaine cohérente. Amadou Hiro, président du RAPDP, a appelé à une mobilisation collective pour construire une souveraineté numérique africaine, fondée sur une coopération renforcée entre les États du continent. De son côté, Djibril Ouattara a rappelé que l’enjeu était de protéger sans étouffer, en instaurant des règles adaptées aux réalités locales tout en encourageant l’innovation.
La protection des données, un pilier de la confiance numérique
Roger Félix Adom, président du Conseil de régulation de l’Autorité de régulation des télécommunications/TIC (ARTCI), a insisté sur l’importance cruciale de la protection des données personnelles. Pour lui, il s’agit d’un enjeu bien plus large que le simple cadre juridique ou technique : c’est une question de vie privée, de dignité et de liberté des citoyens. La régulation doit donc être perçue comme un levier pour renforcer la confiance dans les services numériques, et non comme un obstacle à l’essor technologique.
La Côte d’Ivoire, un modèle de conformité en Afrique
Les autorités ivoiriennes ont mis en avant leur parcours exemplaire en matière de protection des données. Depuis l’adoption de la loi de 2013 sur les données personnelles, jusqu’aux campagnes de sensibilisation lancées en 2015, en passant par les contrôles de conformité menés en 2022, la Côte d’Ivoire a construit une base solide. En 2026, le pays franchit une nouvelle étape avec la création d’un fichier national dédié aux correspondants en protection des données. Cette initiative reflète une volonté croissante des régulateurs africains de s’unir pour faire face aux mutations technologiques mondiales et affirmer une voix commune sur la scène numérique.
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