13 juillet 2026

Afrique Horizon

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Réconciliation algéro-malienne : les défis d’un rapprochement rapide

réconciliation algéro-malienne : les défis d’un rapprochement rapide

Ali Attar
réconciliation algéro-malienne : les défis d'un rapprochement rapide

En février 2026, Bamako dénonçait comme une manipulation les rumeurs évoquant le retour de son ambassadeur à Alger. Moins de cinq mois plus tard, la décision est devenue officielle. Le 10 juillet 2026, les deux pays ont acté la réouverture de leurs ambassades respectives, mettant fin à plus d’un an de tensions diplomatiques. Ce revirement s’explique notamment par l’évolution de la situation sécuritaire dans le nord du Mali, où les forces de transition peinent à contenir les offensives rebelles.

Le 19 février, le ministère malien des Affaires étrangères avait catégoriquement démenti les informations circulant sur les réseaux sociaux. Ces dernières suggéraient un rapprochement imminent entre Bamako et Alger, inspiré par les démarches du Niger voisin. Le gouvernement malien avait qualifié ces spéculations de totalement infondées, accusant des acteurs malveillants de semer la zizanie. L’objectif était clair : éviter toute impression de suivisme vis-à-vis du Niger, qui venait de renouer ses liens avec l’Algérie.

Le 10 juillet, tout a changé. Par un communiqué officiel, la junte malienne a annoncé le retour de son ambassadeur à Alger et la levée des restrictions sur l’espace aérien algérien. Cette mesure faisait écho à une décision similaire prise par Alger quelques jours plus tôt. Dans la soirée, l’Algérie officialisait à son tour le retour de son représentant diplomatique à Bamako. En l’espace de quelques heures, les deux capitales enterraient des mois de gel des relations.

Une volte-face dictée par la crise au nord du Mali

Pour saisir l’ampleur de ce rapprochement, il faut se tourner vers Kidal et Anéfis, deux villes stratégiques du nord du Mali. Depuis l’offensive conjointe lancée le 25 avril 2026, la donne a radicalement changé. Le Front de libération de l’Azawad (FLA), majoritairement touareg, et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), lié à Al-Qaïda, ont mis de côté leurs divergences pour s’unir contre un ennemi commun : la junte de Bamako et ses alliés, notamment les forces russes du Corps africain. Cette offensive a entraîné la mort du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, et replacé Kidal au cœur de la crise sécuritaire.