Il est 21h01 lorsque l’atmosphère feutrée de la Porte d’Auteuil a soudainement basculé. Alors que Gabriel propulsait le Paris-SG vers les sommets européens, des éclats de voix ont déchiré le silence habituel des allées de Roland-Garros. Des cris de joie, venus des tribunes ou poussés par le personnel de sécurité en uniforme, ont salué le dénouement héroïque de cette finale de Ligue des champions contre Arsenal (1-1, 4-3 aux t.a.b.).
Sur le court Central, l’arbitre de la rencontre opposant Félix Auger-Aliassime à Brandon Nakashima a même dû accorder une brève interruption. Une pause nécessaire pour laisser s’estomper l’écho des célébrations et des premiers feux d’artifice tirés depuis le Parc des Princes tout proche, dont les détonations survolaient les courts de tennis.
Pourtant, à l’exception de quelques maillots floqués Kimpembe, Pauleta ou même Bergkamp aperçus dans la foule, le football est resté un plaisir clandestin. Fidèle à sa politique, la direction du tournoi n’avait installé aucun écran géant sur la place des Mousquetaires. Les spectateurs installés dans les transats ont dû se contenter des exploits de Moïse Kouame ou Coco Gauff, tandis que les écrans du court Suzanne-Lenglen diffusaient exclusivement du tennis, ignorant superbement la séance de tirs au but qui tenait pourtant la capitale en haleine.
Une effervescence cachée en salle de presse
L’objectif était clair : préserver la concentration des joueurs et joueuses en plein effort. Voir le public déserter les gradins pour suivre un ballon rond aurait été jugé inapproprié. Pourtant, l’excitation était bien réelle. Sur le Lenglen, lors du duel entre Kouame et Alejandro Tabilo, certains supporters n’ont pu s’empêcher d’exulter, les yeux rivés sur leur smartphone, au moment où Ousmane Dembélé égalisait à la 65e minute.
Pour trouver une véritable ferveur footballistique, il fallait s’engouffrer dans les entrailles du court Philippe-Chatrier. En salle de presse, l’ambiance était électrique. C’est là, devant une poignée d’écrans, que la tension est montée d’un cran, opposant amicalement journalistes britanniques et français. Une soirée singulière où la souveraineté du tennis a dû composer avec l’immense joie d’un Paris-SG désormais sur le toit de l’Europe.
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