14 mai 2026

Photographie malienne : l’art de capturer les crises humanitaires

avant de déclencher mon appareil photo, je mesure le poids de chaque image

Dans le Mali d’aujourd’hui, des millions de personnes luttent chaque jour pour leur survie. 6,4 millions d’individus, dont une majorité de femmes et d’enfants, dépendent entièrement de l’aide humanitaire et de la protection. Plus de 400 000 déplacés internes errent sur les routes du pays, tandis que 1,5 million de personnes subissent une crise alimentaire aiguë. Parmi elles, 1,5 million d’enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition sévère. Derrière ces chiffres se cachent des histoires humaines, des visages oubliés par le grand public.

C’est précisément pour éveiller les consciences et mettre en lumière cette crise humanitaire sous-exposée que sept organisations, dont Action contre la Faim, ont collaboré avec le photographe malien Tiécoura N’Daou. Ce dernier a présenté à Berlin une exposition intitulée « Mali : regards personnels sur la crise humanitaire ». Un entretien approfondi avec l’artiste, également enseignant et chercheur au Mali, révèle son approche artistique unique ainsi que sa vision de la photographie comme outil de sensibilisation.

l’approche photographique de tiécoura n’daou : entre art et engagement

Photographe, enseignant et chercheur au Mali, Tiécoura N’Daou incarne une nouvelle génération d’artistes africains engagés. Son exposition à Berlin a permis au public allemand de découvrir, à travers des images saisissantes, les réalités vécues par les populations maliennes. Chaque cliché, selon ses mots, porte une charge émotionnelle et symbolique qu’il évalue avec soin avant de déclencher son appareil.

Pour Tiécoura N’Daou, la photographie n’est pas seulement un art, mais un moyen d’expression puissant. Son exposition met en avant des récits personnels, des témoignages visuels qui humanisent les données brutes de la crise. En associant son expertise de chercheur à sa passion pour la photographie, il propose une approche innovante pour capturer la complexité des situations humanitaires.

Parmi les faits marquants de son travail :

  • Plus de 6 millions de personnes au Mali bénéficient indirectement de ses images et de celles de ses collaborateurs, grâce à des campagnes de sensibilisation.
  • Son exposition à Berlin a attiré l’attention de médias européens, renforçant la visibilité de la crise au Mali.
  • En tant qu’enseignant, il forme la prochaine génération de photographes malien à l’art de la narration visuelle.

la boulangerie artisanale au Cameroun : une révolution des saveurs locales

À Yaoundé, la capitale du Cameroun, une odeur envoûtante de pain frais flotte dans l’air. Mais aujourd’hui, cette fragrance prend une dimension particulière. Le concours du meilleur artisan boulanger, récemment organisé, a mis en lumière une tendance croissante : l’utilisation des farines locales dans la fabrication du pain. Une initiative portée par le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD), en partenariat avec l’Association Citoyenne de Défense des Intérêts Collectifs (ACDIC).

Ce rendez-vous culinaire avait un objectif clair : promouvoir l’innovation dans la boulangerie artisanale en valorisant les ressources locales. Les participants ont rivalisé d’inventivité pour créer des pains à base de farines de manioc, de sorgho ou de mil, offrant ainsi des alternatives savoureuses et nutritives au pain traditionnel à base de blé. Selon les organisateurs, cette démarche contribue à :

  • Réduire la dépendance aux importations de farines pour les pays africains.
  • Améliorer la sécurité alimentaire en diversifiant les sources de nutriments.
  • Valoriser les savoir-faire locaux et les traditions culinaires.

les bénéfices des farines locales pour la santé

Les farines locales, telles que le manioc ou le sorgho, offrent des avantages nutritionnels significatifs par rapport aux farines importées comme le blé. Riches en fibres, en vitamines et en minéraux, elles constituent une base idéale pour fabriquer des pains riches en nutriments. De plus, leur faible indice glycémique en fait une option saine pour les consommateurs soucieux de leur alimentation.

Parmi les farines locales les plus prometteuses :

  1. Farine de manioc : riche en glucides complexes, elle offre une texture moelleuse au pain et est facilement digérée par les intestins sensibles.
  2. Farine de sorgho : sans gluten, elle est idéale pour les personnes atteintes de la maladie cœliaque et contient des antioxydants naturels.
  3. Farine de mil : cultivée depuis des siècles en Afrique, elle est riche en fer et en magnésium, essentiels pour lutter contre l’anémie.

l’impact économique des initiatives locales

Les concours comme celui organisé à Yaoundé par le SAILD et l’ACDIC ne se contentent pas de promouvoir l’innovation culinaire. Ils stimulent également l’économie locale en créant des débouchés pour les agriculteurs, les meuniers et les artisans boulangers. En valorisant les produits locaux, ces initiatives contribuent à renforcer la résilience des communautés face aux crises économiques et alimentaires.

Parmi les retombées économiques attendues :

  • Création d’emplois dans les secteurs de la meunerie, de la boulangerie et de la restauration.
  • Augmentation des revenus des agriculteurs grâce à la demande accrue de cultures locales.
  • Diversification des activités économiques pour les pays africains dépendants des exportations de produits alimentaires.

En conclusion, Tiécoura N’Daou à travers son approche artistique et Yaoundé avec son concours de boulangerie artisanale, illustrent deux facettes complémentaires d’un même objectif : transformer les défis en opportunités grâce à l’innovation et à l’engagement.