3 juin 2026

Afrique Horizon

Prospective et actualités africaines : économie, diplomatie, développement et souveraineté du continent.

Ousmane Sonko rejette la place offerte au nouveau gouvernement sénégalais

Une cohabitation politique tendue entre PASTEF et le président sénégalais

Lors d’une conférence de presse marquante, Ousmane Sonko, leader du parti PASTEF, a révélé les coulisses des négociations infructueuses qui ont entouré la formation du dernier gouvernement sénégalais. Le ton était donné : les relations entre le mouvement patriotique et la présidence de la République s’avèrent plus que jamais incompatibles.

L’ancien candidat à la présidence a dénoncé une stratégie délibérée de la part du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, accusé d’avoir « choisi de s’éloigner de PASTEF pour s’allier à d’autres forces politiques ». Une décision que Sonko a immédiatement contestée, rappelant un principe constitutionnel incontournable : « La majorité doit déterminer le gouvernement. C’est à nous de désigner le Premier ministre. »

Des divergences majeures sur les grands enjeux nationaux

Les échanges entre Sonko et le président ont porté sur des sujets cruciaux pour le Sénégal : la dette publique, l’augmentation du pouvoir d’achat, la renégociation des contrats stratégiques, la réforme de la justice et la transparence des comptes publics. Malgré l’ampleur des discussions, aucun accord n’a pu être trouvé sur l’un de ces points essentiels. « Sur le volet judiciaire, il n’existe aucun compromis », a souligné Sonko, révélant ainsi l’une des principales sources de tension.

L’impossible équilibre des forces au sein de l’exécutif

Autre point de rupture : la composition du gouvernement. Le président avait évoqué la formation d’un exécutif de 30 ministres. Sonko a posé une condition sine qua non : que PASTEF détienne la majorité des portefeuilles. Une demande restée sans réponse concrète. « À ce stade, nous n’avons aucune influence sur les décisions prises », a-t-il déploré, justifiant ainsi le refus de son parti de participer à l’équipe dirigée par Al Amine Lô.

Cette déclaration marque un tournant dans la dynamique politique sénégalaise, où les divergences idéologiques et stratégiques semblent désormais irréconciliables.