Acculés par des raids aériens et des manœuvres terrestres d’envergure, les insurgés de Boko Haram abandonnent massivement leurs positions sur le lac Tchad. Cette opération, dirigée par le Tchad avec le soutien logistique du Nigeria et du Niger, bouscule les bastions terroristes de la région.
Depuis plusieurs jours, les forces aériennes tchadiennes pilonnent les caches de Boko Haram situées sur des îlots isolés de cette zone marécageuse. Ce territoire, partagé entre le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad, est devenu depuis plus d’une décennie une zone de repli pour les groupes radicaux, incluant également l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap).
Ces frappes intensives ont malheureusement causé la mort de nombreux pêcheurs nigérians. Ces derniers, présents sur les îles sous contrôle jihadiste, sont contraints de verser des taxes au groupe armé pour pouvoir exercer leur activité. Des témoignages font état de blessés graves, notamment des brûlés, actuellement pris en charge dans des structures hospitalières à Bosso, au Niger.
Une déroute confirmée sur plusieurs îles
Selon des observateurs locaux, les combattants de Boko Haram désertent leurs campements de la zone de Shuwa, à la jonction des frontières nigériane, nigérienne et tchadienne. Sous la pression des bombes, les insurgés fuient vers d’autres destinations avec leurs familles, utilisant de frêles embarcations pour quitter des sites comme Dogon Chukwu, Kangarwa, Gashakar, Yawan Mango et Kwatar Mota.
Des affrontements directs ont également eu lieu sur l’île de Kaukeri, considérée comme un centre névralgique de l’organisation terroriste dans le bassin du lac. Ces actions militaires constituent une réponse ferme aux récentes attaques sanglantes subies par l’armée tchadienne, qui a récemment déploré la perte de deux généraux et de plus d’une vingtaine de soldats lors d’assauts distincts.
Une coalition régionale en action
L’offensive actuelle repose sur une coordination étroite entre les nations riveraines. Le Tchad, le Nigeria et le Niger ont chacun mobilisé des vecteurs aériens pour mener à bien cette mission. Les insurgés se retrouvent désormais dans une impasse tactique : bloqués sur les rivages, ils hésitent à s’enfoncer dans des zones contrôlées par l’Iswap, leur principal rival depuis la scission de 2016.
Cette instabilité chronique a déjà provoqué des milliers de décès et le déplacement de millions de civils, principalement dans le nord-est du Nigeria. Face à l’extension de la menace, les pays de la région ont redynamisé leur force multinationale mixte afin de sécuriser durablement le bassin du lac Tchad.
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