25 juillet 2026

Afrique Horizon

Prospective et actualités africaines : économie, diplomatie, développement et souveraineté du continent.

Nigeria : un soutien indéfectible à la cause sahraouie face aux projets marocains

La reconnaissance renouvelée du Nigeria envers la République arabe sahraouie démocratique (RASD) dépasse largement le cadre d’un simple geste diplomatique. En réaffirmant son engagement en faveur du droit à l’autodétermination des peuples, de la décolonisation et du respect des frontières coloniales, Abuja envoie un message politique clair : le dossier du Sahara Occidental n’est pas clos, contrairement aux affirmations du Maroc.

Lors de la récente visite de l’émissaire sahraoui, Mohamed Yeslem Beissat, porteur d’un message du président Brahim Ghali à son homologue nigérian Bola Ahmed Tinubu, les échanges ont confirmé la solidité des liens entre les deux nations. Cette rencontre a également souligné leur volonté commune de renforcer leur coopération, tout en s’appuyant sur les principes fondateurs de l’Union africaine, qui place le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes au cœur de son action.

Cette position nigériane prend une dimension particulière face aux ambitions affichées par Rabat. Depuis des années, le Maroc mise sur le projet de gazoduc reliant le Nigeria au Maroc comme symbole d’un partenariat énergétique censé transformer l’Afrique de l’Ouest. Pourtant, la confirmation par Abuja de son soutien historique à la RASD prouve que, malgré les promesses économiques, le Nigeria refuse de céder sur le plan politique concernant le Sahara Occidental.

Cette posture remet en cause la stratégie marocaine, qui tente de présenter le mégaprojet gazier comme le signe d’un alignement politique entre les deux pays. Pourtant, les obstacles restent nombreux : coût exorbitant, risques sécuritaires, difficultés de financement et longueur du tracé. Autant de défis qui rendent la concrétisation de ce projet incertaine. Dans ce contexte, le maintien sans équivoque de la reconnaissance nigériane de la RASD apparaît comme une réponse cinglante aux spéculations sur un basculement diplomatique d’Abuja en direction de Rabat.

Au-delà du cas spécifique du Nigeria, la diplomatie sahraouie continue de gagner du terrain sur le continent. En tant que membre fondateur de l’Union africaine, la RASD mène une offensive diplomatique intensive auprès des États africains pour préserver le consensus continental en faveur de la décolonisation du Sahara Occidental. Les récentes discussions avec plusieurs capitales africaines illustrent cette dynamique : la question sahraouie reste, pour une grande partie du continent, une cause inachevée, relevant du droit international et de la justice historique.