28 avril 2026

Niger premier pays africain à éliminer l’onchocercose selon l’oms

le Niger, pionnier en afrique de l’élimination de l’onchocercose

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a officiellement reconnu le Niger comme le premier pays d’Afrique à avoir interrompu la transmission de l’onchocercose, également appelée cécité des rivières. Cette avancée historique place le pays parmi les cinq nations au monde ayant vaincu cette maladie parasitaire.

« L’élimination d’une maladie représente un exploit sans précédent, fruit d’un engagement constant et d’une mobilisation collective », a souligné le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « Nous saluons les efforts du Niger pour avoir libéré sa population d’une maladie dévastatrice, souvent liée à la pauvreté et à la stigmatisation. Ce succès illustre les progrès concrets réalisés dans la lutte contre les maladies tropicales négligées et offre une lueur d’espoir aux pays encore confrontés à ce fléau. »

Transmise par la piqûre d’une mouche noire infectée, l’onchocercose touche principalement les populations rurales d’Afrique subsaharienne et du Yémen. Elle constitue la deuxième cause infectieuse de cécité dans le monde, après le trachome, et affecte gravement les communautés vivant près des cours d’eau, essentiels à leur survie.

une stratégie intégrée pour éradiquer la maladie

Dès 1976, le Niger s’est engagé dans la lutte contre l’onchocercose en participant au Programme OMS de lutte contre l’onchocercose en Afrique de l’Ouest (OCP). Cette initiative a permis de réduire significativement la transmission grâce à des pulvérisations d’insecticides ciblant les vecteurs de la maladie.

Entre 2008 et 2019, une campagne d’administration massive de médicaments (ivermectine et albendazole), soutenue par des dons de Merck Sharp & Dohme (MSD), a été déployée dans les zones encore touchées. Bien que cette campagne visait initialement la filariose lymphatique, elle a aussi permis de réduire la prévalence de l’onchocercose, passant de 60 % à seulement 0,02 %.

Dès 2014, le Niger a mené des évaluations entomologiques et épidémiologiques pour confirmer l’interruption de la transmission. Ces enquêtes ont confirmé l’efficacité des mesures combinées : lutte antivectorielle et traitements médicamenteux.

Le succès du Niger repose également sur une collaboration étroite entre le gouvernement, l’OMS et les organisations non gouvernementales. Cette synergie a permis de mobiliser des ressources, d’optimiser les stratégies et d’assurer un suivi rigoureux de la prévalence et des impacts de la maladie.

un modèle pour l’afrique et au-delà

« L’onchocercose a longtemps été un frein au développement des communautés rurales, privant les populations de leurs moyens de subsistance », explique la Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. « Le Niger a non seulement libéré sa population de ce fardeau, mais il devient aussi un exemple à suivre pour d’autres pays engagés dans l’élimination des maladies tropicales négligées. »

Cette réussite s’ajoute à celle du Niger, qui avait déjà été certifié exempt de dracunculose (maladie du ver de Guinée) en 2013, confirmant ainsi son leadership en matière de santé publique.

progrès mondial et défis persistants

À l’échelle mondiale, 54 pays ont désormais éliminé au moins une maladie tropicale négligée. Parmi eux, quatre autres nations, localisées en Amérique latine, ont également vaincu l’onchocercose : la Colombie, l’Équateur, le Guatemala et le Mexique.

En Afrique, 21 pays ont accompli des progrès similaires, démontrant que l’élimination des maladies tropicales négligées est un objectif réalisable grâce à la persévérance et à la coopération internationale.