le corps de l’officier, abandonné à bord d’une vedette à la dérive plus de 24 heures après l’attaque.
niamey, 9 avril 2026 – une attaque du jama’at nasr al-islam wal-muslimin (jnim) a coûté la vie au capitaine maman ada sahabi, commandant du groupement de gendarmerie de say, ainsi qu’à au moins deux de ses hommes, mercredi 8 avril en fin d’après-midi. plus de 24 heures après l’embuscade, la vedette transportant le corps de l’officier supérieur continue de dériver, les autorités n’ayant pas encore organisé sa récupération.
selon des sources sécuritaires locales, le capitaine sahabi et quatre gendarmes effectuaient une mission de vérification de renseignement à bord d’une vedette, coïncidant avec le jour de marché hebdomadaire de say. vers 17 heures, l’embarcation a été la cible de tirs nourris provenant des rives du fleuve, dans une zone particulièrement sensible de la région de tillabéri/dosso.
au moins trois gendarmes, dont le capitaine, ont été tués sur le coup. le corps de l’officier est resté à bord de la vedette, tandis que ceux de deux autres soldats ont été emportés par le courant. au moment de la publication, l’embarcation continue de dériver, les forces engagées sur place craignant la présence d’engins explosifs improvisés (ied) ou une nouvelle embuscade.
un officier expérimenté, figure locale
le capitaine maman ada sahabi, âgé d’une quarantaine d’années, dirigeait le groupement de gendarmerie de say depuis plus de cinq ans. considéré comme un acteur clé du dispositif sécuritaire dans cette zone frontalière stratégique, il était engagé de longue date dans la lutte contre les groupes armés terroristes (gat) sévissant dans le liptako-gourma.
sa mort survient dans un contexte d’intensification des attaques contre les patrouilles fluviales et terrestres dans la région de tillabéri, un foyer historique d’activité du jnim et de l’état islamique au sahel (eigs).
indignation face à la gestion des corps
au-delà de l’attaque elle-même, l’abandon apparent du corps de cet officier supérieur plus de 24 heures après les faits suscite l’incompréhension. l’absence d’instructions claires de la hiérarchie a empêché toute opération de récupération, une situation difficilement acceptable pour les forces sur le terrain et les populations locales de say.
« comment peut-on laisser le corps de son commandant dériver ainsi sur le fleuve ? c’est un manque de respect total envers ceux qui se battent », confie un membre des forces de sécurité sous couvert d’anonymat.
pour beaucoup, cet événement symbolise un commandement hésitant, incapable d’honorer rapidement ses morts – une pratique qui, selon certaines critiques, s’est banalisée depuis le coup d’état du 26 juillet 2023.
au niger, quelle valeur accorder à la vie des soldats en première ligne ?
cette affaire relance le débat sur la reconnaissance des sacrifices consentis par les forces de défense et de sécurité (fds) dans la lutte antiterroriste sous le régime militaire actuel, dirigé par le général abdourahamane tiani.
malgré les communiqués réguliers faisant état d’opérations victorieuses et de « terroristes neutralisés », les zones rouges (tillabéri, tahoua, dosso) continuent de déplorer des pertes régulières. la persistance des embuscades fluviales témoigne de la capacité d’adaptation des groupes jihadistes, qui exploitent la porosité des frontières et la mobilité sur le fleuve niger.
les familles des militaires tombés au front, les survivants et les populations des zones les plus exposées expriment une frustration croissante : un discours souverainiste d’un côté, et de l’autre, une réalité marquée par une insécurité chronique et une gestion parfois chaotique des opérations.
sources : informations recoupées auprès de sources sécuritaires et locales. cet article sera mis à jour en fonction des nouveaux éléments.
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