14 mai 2026

Niger : COVACC tire la sonnette d’alarme sur la saison des pluies 2026

Avec l’arrivée imminente de la saison des pluies, les autorités nigériennes lancent un appel urgent à la vigilance. Le COVACC, organe clé de prévention et de gestion des crises, met en garde contre les risques majeurs liés aux intempéries attendues dans la bande agropastorale du pays, où les pertes de bétail et les dégâts matériels pourraient être considérables.

Le lundi 11 mai 2026, le COVACC, placé sous l’autorité du ministère nigérien de l’Intérieur, a pressé les populations, en particulier les éleveurs, à faire preuve d’une prudence extrême face aux menaces annoncées pour l’hivernage 2026. Les prévisions de la météorologie nationale indiquent une saison des pluies normale à excédentaire, avec un risque élevé de vents violents entraînant des pertes de cheptel et des dégâts sur les infrastructures.

Des intempéries aux conséquences dévastatrices

Alors que les premières averses pointent à l’horizon, le Niger craint les répercussions d’un hivernage potentiellement intense. Le COVACC a officiellement alerté les communautés rurales, notamment les pasteurs, sur les dangers inhérents aux intempéries qui accompagnent le début de la saison pluvieuse.

D’après les dernières analyses de la Direction nationale de la météorologie, la campagne hivernale 2026 devrait connaître des précipitations « conformes aux normales ou supérieures aux moyennes » sur la bande agropastorale. Ces données, comparées à la période 1991-2020, soulignent à la fois des opportunités pour l’agriculture et des risques accrus pour les éleveurs et les infrastructures locales.

Des vents violents et des dégâts déjà visibles

Le COVACC rappelle que les premières pluies s’accompagnent souvent de vents destructeurs, particulièrement redoutables pour les animaux affaiblis par la période de soudure. Sans protection, le cheptel sous-alimenté devient extrêmement vulnérable aux pertes massives et aux accidents.

Ces aléas climatiques causent également des dommages matériels considérables : toitures arrachées, effondrements de bâtiments en banco et destruction d’équipements publics sont des scénarios récurrents durant cette période.

Les premiers dégâts recensés dans plusieurs régions

Les statistiques de la Direction générale de la protection civile, arrêtées au 11 mai 2026, confirment les craintes des autorités. Plusieurs infrastructures ont déjà subi des dommages dans différentes localités du pays. À Allakaye, dans le département de Bouza (région de Tahoua), des vents violents ont endommagé la toiture d’un bloc scolaire de trois classes, une salle de classe en banco ainsi qu’un mur du Centre de santé intégré (CSI).

Dans la région de Dosso, plus précisément à Dankassari, les intempéries ont détruit un bloc de deux classes, un magasin, six lampadaires et cinq poteaux électriques.

Les autorités appellent à une préparation rigoureuse

Face à ces risques, les services de l’État intensifient les mesures de prévention pour réduire les pertes humaines, animales et matérielles.

Le COVACC insiste sur la nécessité de consulter régulièrement les bulletins météorologiques et les alertes diffusées par les autorités. Les éleveurs sont invités à abriter leur bétail lors des épisodes de vents violents et à éviter les zones exposées aux ruissellements.

Le centre de veille recommande également d’éviter de conduire les troupeaux dans les koris et les lits de rivières asséchés, souvent transformés en torrents lors des fortes pluies. Les populations sont appelées à signaler sans délai tout incident aux services locaux pour une intervention rapide.

Un défi économique et social pour le Niger

Au Niger, où l’élevage constitue un pilier économique et une source de subsistance pour des millions de foyers, chaque saison des pluies représente un double enjeu : opportunités pour les pâturages et menaces pour les moyens de vie. Les autorités s’attachent désormais à renforcer les dispositifs de prévention pour limiter l’impact des catastrophes naturelles sur les populations rurales, déjà fragilisées par des défis sécuritaires et économiques.

À quelques semaines du cœur de l’hivernage, le message du COVACC est sans ambiguïté : la prévention reste la meilleure stratégie pour affronter les aléas climatiques. Pour les éleveurs nigériens, la saison des pluies 2026 pourrait à la fois revitaliser les pâturages et menacer des années d’efforts pastoraux.